Alors que les mesures changent selon l’évolution de la crise, nous vous aidons à y voir plus clair. Aujourd’hui, est-ce que le marquage au sol et les plexiglas sont obligatoires dans les commerces de détail ? Les étudiants à temps plein doivent-ils demander la PCUE ou la PCU ? La réouverture des commerces est-elle obligatoire ?

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Je suis allée chez Archambault à Saint-Romuald. Il n’y avait pas de station de nettoyage des mains, personne à l’accueil pour donner des directives (seulement une affiche de la CNESST), aucun marquage au sol (ni pour le respect de la distance ni pour indiquer les sens uniques des allées), ni aucun distributeur de solution hydroalcoolique pour les clients. Est-ce que les consignes sanitaires émises par l’Institut national de santé publique du Québec sont obligatoires dans les commerces de détail ?

Kathy Roberge

Selon l’article 51 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, « [l]’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique du travailleur ». D’après l’article 49 de la même loi, les travailleurs aussi doivent prendre les mesures nécessaires pour protéger leur santé et celle des autres.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a mis plusieurs outils à la disposition des milieux de travail en fonction des lignes directrices émises par la Santé publique. Dans le Guide des normes sanitaires en milieu de travail pour le secteur du commerce de détail, on donne des exemples d’adaptations à apporter pour limiter le risque de transmission : cloison pleine transparente installée aux caisses; marquage au sol; au besoin, une personne à l’extérieur du commerce est responsable de la gestion de la file d’attente; les clients déposent eux-mêmes leurs achats dans des sacs.

Cependant, l’obligation n’est pas aussi claire que celle de s’arrêter à un feu rouge en voiture ou de porter sa ceinture de sécurité. Ce ne sont que des recommandations sans risque de contravention.

Sur le site de la CNESST, il est bien écrit : « Notons que ces outils ne sont pas des prescriptions, ils ne sont pas contraignants et aucune décision pour en forcer la complétion ne sera émise. »

Mon conjoint et moi sommes propriétaires d’une petite entreprise. Nous bénéficions actuellement du programme de la PCU, car notre commerce n’est pas un service essentiel. Par contre, nous faisons partie de la réouverture du 18 mai. Étant donné que les revenus seront très bas, nous aimerions continuer de toucher la PCU encore un mois afin d’économiser sur les salaires. Est-ce que cela est permis ?

Johanne Laperle

« Un propriétaire d’entreprise a le plein contrôle sur l’ouverture de son commerce, a confirmé par courriel la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Il peut donc décider de demeurer fermé. » Vous n’êtes pas les seuls à réfléchir à la possibilité de rester fermés, car les dernières données de la FCEI indiquent que la moitié des PME sondées au Canada estiment qu’elles devront faire au moins 75 % de leurs ventes normales pour que cela vaille la peine de laisser leur entreprise ouverte cet été. Toutefois, le sondage révèle aussi que les trois quarts des propriétaires de PME au Canada pensent qu’il est crucial de faire plus de ventes rapidement pour survivre et moins dépendre des subventions gouvernementales.

Je travaille à temps partiel dans une résidence privée pour aînés (RPA) qui est infectée. J’ai entendu parler d’une prime pour les endroits infectés. Est-ce que j’y ai droit ? Je suis préposé à l’entretien.

Gilbert Desroches

Le gouvernement du Québec a annoncé deux primes le jeudi 7 mai. La première, de 100 $ par semaine, est destinée à tous les employés des CHSLD publics et privés, et des RPA, qui offrent une prestation à temps plein. Pour y avoir droit, vous devez donc travailler 36,25 heures par semaine. De plus, puisque vous êtes employé dans une RPA infectée, vous pourriez avoir droit à 200 $ de plus en travaillant à temps plein pendant deux semaines consécutives et à 400 $ de plus après quatre semaines consécutives.

La fille de ma conjointe étudie à temps plein à l’université. Elle a fait une demande et a reçu la PCU de 2000 $ avant la mise en place de la prestation de 1250 $ destinée aux étudiants. Devra-t-elle rembourser la PCU ? Devrait-elle faire une demande de PCU pour les étudiants et rembourser la différence ?

Alain Lemaire

Pour être admissible à la Prestation canadienne d’urgence (PCU), il faut avoir perdu son emploi à cause de la COVID-19. Si l’étudiante à temps plein n’avait pas travaillé et gagné au moins 5000 $ au cours des 12 derniers mois, elle n’avait pas droit à la PCU. Elle doit donc la rembourser en entier. La Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) a été créée justement pour les étudiants qui ne sont pas admissibles à la PCU. La fille de votre conjointe pourra donc s’y inscrire. Lors de la demande de prestation, elle devra cependant attester qu’elle n’a pas réussi à trouver un emploi malgré ses recherches.