Avec un peu de chance, un remboursement d’impôt va récompenser l’effort de production de votre déclaration de revenus. Que faire avec cette somme, qui n’est pas un cadeau tombé du ciel, mais le paiement d’un trop-perçu ? Réponses de Marie-Paul Sardi, directrice principale, marketing, pour le marché du Québec chez TurboImpôt.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

Le cœur étreint d’un bonheur indicible, je découvre le montant de mon remboursement d’impôt. Quel devrait être mon premier réflexe ?

Les contribuables qui reçoivent un remboursement devraient prendre un peu de recul et regarder les différentes options qui peuvent s’offrir à eux. Pour de nombreuses personnes, le remboursement d’impôt est la plus grande paie de l’année. Cette année, chez Intuit et TurboImpôt, le remboursement moyen au Québec est de 818 $.

Il faut se dire : quelles sont mes options ? Les plus courantes sont : est-ce que j’ai une dette à rembourser ? Est-ce que je pourrais placer cet argent ? Est-ce que je peux prendre d’autres actions pour alléger mon impact fiscal l’année prochaine ?

Devant cet éventail de possibilités, comment établir les priorités ?

Est-ce que le taux d’intérêt est plus élevé sur la dette que sur le placement ?

Si j’ai une dette sur ma carte de crédit avec un taux d’intérêt de 20 % et que je place mon argent à 4 %, je ferais probablement mieux de rembourser ma dette.

Ensuite, le choix des placements va dépendre de la situation de la personne. Si elle n’a pas contribué à ses REER, il peut être très intéressant de réinvestir le remboursement d’impôt dans un REER, parce qu’il va procurer un autre crédit l’année prochaine. C’est la roue qui commence à tourner.

Ensuite, il y a les options CELI.

Je m’y perds dans les sigles : REER, CELI ou REEE ?

REER ou CELI ? Règle générale, particulièrement pour les gens qui sont plus jeunes, si on prévoit avoir un revenu plus faible à la retraite que maintenant, mieux vaut le placer dans le REER.

Si vous avez de jeunes enfants, que vous avez déjà cotisé à votre REER ou que vous pensez cotiser plus tard, il peut être intéressant de cotiser au REEE (régime enregistré d’épargne-études), surtout avec les subventions gouvernementales.

Et si on veut se faire plaisir tout en soutenant une bonne cause et en se générant un crédit remboursable pour l’année prochaine, on peut considérer faire un don de charité.

Est-ce que l’usage dépend de l’importance du remboursement ?

C’est sûr que si on a un remboursement de 100 $ plutôt qu’un remboursement de 2000 $, l’impact sur l’économie à long terme va être plus petit. Mais je pense que la logique est la même. On essaie d’éduquer les gens à des réflexes sains en matière de gestion financière. Si, chaque fois qu’on a 100 $, on le dépense, il va être difficile d’économiser à long terme.

L’important est de prendre de bonnes habitudes.

On s’est fait un scénario avec nos experts. Le remboursement moyen est de 818 $ par année. Supposons que j’ai 30 ans et que je le mets dans mes REER. Chaque année, je rajoute 818 $, avec un intérêt de 7 %. Il me reste 35 ans avant ma retraite. Si je fais ça chaque année, j’aurai presque 130 000 $ de côté.

Plein d’espérances et d’enthousiasme, je verse mon remboursement dans un compte destiné à un projet précis : compte rénovation, compte voyage. Est-ce une bonne idée ?

Oui, absolument. Mais tout dépend de l’horizon de ce projet. Si on a un compte vacances et que le voyage est prévu cet été, on peut considérer de mettre le remboursement dans un certificat de placement garanti de 30 ou 60 jours. Avec les comptes d’épargne à rendement élevé, le rendement n’est pas très élevé !

Si on prévoit faire des rénovations, un voyage, des dépenses comme un changement de véhicule, le conseil numéro un serait : prenez une épargne à court terme.