Vous préparez un séjour aux États-Unis et des dépenses en dollars américains ? Ou encore du côté de l'Europe, avec des dépenses en euros ?Vous avez intérêt à garder un oeil sur l'évolution du taux de change entre le dollar canadien et ces deux devises d'importance.

Mis à jour le 11 juin 2018
Martin Vallières LA PRESSE

En fait, comme le montre le premier graphique, l'achat d'un dollar américain coûte au moins 1,29 $CAN ces temps-ci en taux de change de base, avant les frais de conversion selon le mode de paiement utilisé.

C'est un peu moins coûteux qu'il y a un an, où l'achat coûtait alors 1,34 $CAN, mais un peu plus qu'il y a trois ans (1,24 $CAN) et beaucoup plus coûteux qu'il y a cinq ans, alors que 1 $US coûtait 1,03 $CAN, ce qui se rapprochait de la parité.

Par rapport à l'euro, comme le montre le second graphique, le coût d'achat en dollars canadiens fluctue aussi considérablement au fil des ans.

À la veille des nombreux voyages estivaux outre-Atlantique, l'achat de 1 euro coûte au moins 1,51 $CAN au taux de change de base, avant les frais de conversion selon le mode de paiement utilisé.

C'est un coût pratiquement équivalent à celui d'il y a un an, où il était de 1,52 $CAN. Mais un peu plus coûteux qu'il y a trois ans (1,36 $CAN), et presque 11 % plus cher qu'il y a cinq ans (1,34 $CAN).

L'ART DU « MAGASINAGE »

Comme consommateur et voyageur, comment tenter de réduire ses coûts d'achat de devises étrangères, au-delà des variations de taux de change sur les marchés des devises ?

De l'avis d'experts consultés par La Presse, la réponse dépend surtout de l'ampleur et du moment prévus des dépenses en devises étrangères.

« La clé de base, c'est de minimiser les frais de conversion d'une devise à l'autre. »

- Charles Martin, vice-président et gestionnaire de portefeuilles au service de placements privés chez TD Waterhouse à Montréal

Source : Thomson-Reuters

Pour les consommateurs moyens, dont les dépenses en devises étrangères sont occasionnelles et limitées dans leur budget annuel, le « magasinage » des meilleures conditions et frais de conversion selon les modes de paiement, en particulier les cartes de crédit de fidélisation en « bonis-voyages », demeure la façon la plus accessible de minimiser ses frais de conversion de devise.

Mais pour les consommateurs qui voyagent et dépensent beaucoup à l'étranger, notamment ceux qui séjournent quelques mois par hiver dans le sud des États-Unis, le recours à des moyens de paiement déjà libellés en dollars américains peut être le moyen le plus efficace de réduire ses frais de conversion de devises.

« Quand une personne ou un couple passe de trois à quatre mois par hiver en Floride, avec le tiers environ de leur budget de vie annuel qui est déboursé en dollars américains, ça vaut habituellement le coût d'avoir un compte d'opérations bancaires et une carte de crédit libellés en dollars américains, auprès de l'institution financière au Canada avec laquelle ils font déjà affaire », explique Charles Martin.

« Comme il s'agit de dépenses importantes et surtout prévisibles d'une année à l'autre, les détenteurs de tels moyens de paiement en dollars américains peuvent utiliser les fluctuations à court terme du taux de change pour se constituer d'avance une "réserve" de devises au meilleur coût, selon le moment. »

Bien sûr, avertit Charles Martin, il ne s'agit pas ici de tenter de deviner l'évolution du taux de change de la devise cible. Mais plutôt de tenter de planifier et de stabiliser ses frais de conversion dans son budget de dépenses futures, et de mieux contrôler le risque de surcoût de taux de change au moment de faire ses dépenses.

Le coût d'un euro depuis cinq ans. Source Thomson-Reuters