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Économiser en plein été

Entre juin et septembre, c'est la saison des emplois d'été. Votre job estival... (Photo Thinkstock)

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Stéphane Champagne

collaboration spéciale

La Presse

Entre juin et septembre, c'est la saison des emplois d'été. Votre job estival cette année : mettre de côté 1000 $ entre juin et septembre. Il ne s'agit ni de frugalité ni de simplicité volontaire. Encore moins d'austérité. Ce petit exercice vous aidera surtout à revisiter vos finances personnelles. L'argent économisé sera versé dans un REE, dans un CELI ou, encore, il servira à rembourser une partie de vos dettes. Astuces.

L'ÉTÉ, C'EST FAIT POUR MIEUX CONSOMMER

C'est prouvé : l'hiver coûte cher. Frais de chauffage, vêtements isolés, déneigement et pneus d'hiver obligés, etc. La liste est longue. Mais qu'en est-il de l'été ? Techniquement, le coût de la vie y est plus bas. Mais plus le mercure monte, plus vos finances personnelles peuvent, elles aussi, se retrouver dans le rouge. Car la période estivale est propice aux excès de consommation.

« On n'a jamais réfléchi à la question, mais je me rends compte effectivement qu'en été, il y a plein de possibilités d'économiser, mais aussi de nombreuses occasions de dépenser à outrance, car la pression sociale est forte », explique Gabriele Roehl, conseillère budgétaire pour l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) du Sud-Ouest de Montréal.

Aménager un salon et une cuisine dans sa cour arrière. Rouler tout équipée sur son vélo haut de gamme. Bourrer ses plates-bandes et son gazon de produits chimiques. Chauffer sa piscine et en filtrer l'eau 24 heures sur 24. Maintenir un forfait pour une télé que vous regarderez à peine. Voyager avec un taux de change désavantageux. Voilà autant de dépenses pouvant facilement être revues à la baisse.

« En été, on sent un relâchement sur le plan du budget. On a beaucoup moins de demandes de consultations. » - Karine Robillard, avocate et conseillère budgétaire à Option consommateurs

Les dépenses liées aux loisirs, aux vacances et aux sorties improvisées sont parmi les pires pièges, rappelle Mme Robillard. Idem pour l'aménagement de sa cour arrière. Dans ce dernier cas, on peut considérablement réduire ses factures en consultant des sites comme Kijiji ou Facebook pour y dénicher des meubles de jardin et autres vivaces à une fraction du prix d'articles neufs.

Le chauffage d'une maison représente à lui seul près de 55 % de la facture annuelle d'un client d'Hydro-Québec. L'été, les piscines peuvent être de grandes consommatrices d'énergie. Des améliorations liées à la filtration et au chauffage de l'eau vous feront économiser au bas mot entre 50 $ et 100 $.

Même si climatiser votre résidence coûte à peine 100 $ par été (avec un climatiseur performant, bien sûr), il est possible de réduire de moitié ces frais énergétiques et, du coup, d'exercer moins de pression sur l'environnement, car la climatisation contribuerait à hausser la température terrestre.

Malgré son côté festif, l'été n'est étonnamment pas la saison où les caisses de la SAQ résonnent le plus. Les trimestres du printemps et de fin d'année sont les plus profitables, laisse savoir Linda Bouchard, porte-parole.

VISITER LE QUÉBEC

Le taux de change qui nous désavantage cette année est sans doute la plus belle occasion d'économiser durant votre été. Délaisser le Maine ou la France pourrait s'avérer profitable. Pour chaque dollar américain, il vous en coûtera environ 1,34 $ CAN. Pour 1 euro, c'est 1,52 $ CAN. Le Québec, l'Ontario et les Maritimes sont plus que jamais des destinations où le huard vous mènera loin.

Si un taux de change prohibitif ne vous impressionne guère, voici une autre façon d'économiser : souscrivez à une assurance voyage annuelle. « Ce produit est peu connu et, pourtant, si on fait deux voyages ou plus au cours d'une période de 12 mois, c'est l'option la plus pratique et la plus abordable pour souscrire une assurance voyage. Ça économise à la fois du temps [une seule souscription] et de l'argent », explique Rébecca Salesse, conseillère en communication au CAA-Québec.

En toute sagesse, Roger Lafrance, directeur de l'ACEF Montérégie-Est et conseiller budgétaire, croit que l'été devrait surtout être un temps pour ne pas gaspiller son... temps. « La chose qui nous manque le plus, c'est le temps, dit-il. Car on court tout le temps. Et le temps, ça ne coûte rien. L'été, on continue à faire des choses, mais à un autre rythme. »

DES ÉCONOMIES À PORTÉE DE MAIN

Pas besoin de chercher bien loin pour alléger ses finances durant l'été. Rien que dans son environnement immédiat, il existe une multitude de postes de dépenses qu'il est possible de mieux gérer afin de réduire son train de vie sans pour autant se priver. En voici cinq.

ENVIRONNEMENT

Les pesticides, insecticides et autres engrais chimiques coûtent une petite fortune, ils sont néfastes pour l'environnement et ils représentent un danger pour la santé publique, rappelle Annick Girard, chargée de projet à Équiterre. Remplacer l'utilisation de ces produits de synthèse par des approches plus saines et plus écologiques peut réduire votre facture d'horticulteur amateur d'au moins 75 $.

CONSOMMATION

Dans le rayon « trucs de grand-mère » : le vinaigre blanc coûte huit fois moins cher que le lave-vitre de type Windex. Or, comme on vit dehors le plus possible en été, le ménage de la cour arrière s'ajoute à celui de la maison. Une famille moyenne utilise environ 30 L de nettoyant par année, rappelle CAA-Québec. Utiliser du vinaigre blanc, du jus de citron, du sel de table et du bicarbonate de soude pour désinfecter, dégraisser ou récurer vous permettra d'économiser près de 25 $ cet été.

TÉLÉVISION

Pourquoi ne pas « tirer la plogue » quand les beaux jours sont de retour ? La baisse de votre forfait télé permettrait des économies intéressantes. Par exemple : un abonné à la télé satellite de Bell ayant le forfait de base (chaînes généralistes et 15 chaînes spécialisées à la carte) verra sa facture réduite de 15 $ par mois s'il demeure branché, mais qu'il met de côté ses chaînes spécialisées le temps d'un été. Assurez-vous toutefois que votre contrat permet ce genre de modification.

ESSENCE

Pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable : aller travailler à vélo ou à pied ? Gardez la forme et émettez moins de GES. Selon CAA-Québec, le conducteur d'une Honda Civic 2016 épargnera facilement 10 $ par semaine s'il parcourt quotidiennement un trajet aller-retour de 20 km à vélo plutôt qu'en auto. Multiplié par 13 semaines, cela fait 130 $ dans vos poches juste en économies d'essence. Il est aussi possible de demander à la SAAQ une suspension temporaire de l'immatriculation de votre auto, une économie d'environ 60 $ supplémentaires.

PAYSAGEMENT

Au lieu de visiter les magasins à grande surface cette année pour l'achat de vos plantes, devenez membre ou ami d'une société d'horticulture ou d'un comité d'embellissement de votre région ou de votre arrondissement. Pour une fraction du prix, il est possible de leur acheter des vivaces. Autre solution économique : s'adresser aux paysagistes qui se retrouvent parfois avec des vivaces en surabondance.

TROIS ASTUCES POUR ÉCONOMISER

Manger, se baigner et se divertir sont parmi les trois activités les plus prisées en été. Mais gare aux dépenses irréfléchies. Notre but n'est pas de jouer les trouble-fêtes, mais plutôt de vous aider à faire des choix éclairés afin de conserver plus d'argent dans vos poches.

ESCAPADE D'UN JOUR

Et si, cette année, vous délaissiez les sorties relativement coûteuses pour vous concentrer sur autre chose ? « Le zoo, le parc de manèges, les glissades d'eau sont des sorties qui finissent par coûter cher, rappelle Roger Lafrance, directeur de l'ACEF Montérégie-Est. Il existe plein d'activités gratuites ou presque. Les festivals, les piscines municipales, les économusées, les centres d'interprétation et les sites de Parcs Canada. On s'apporte un pique-nique et on part pour la journée. »

D'ailleurs, peu importe où vous prévoyez passer vos vacances, courir les attractions touristiques les plus fréquentées est la façon idéale de grever un budget. Qu'on soit en vacances au Québec ou non, il suffit d'éplucher les guides touristiques pour trouver des attractions gratuites et bien souvent mémorables, soutient M. Lafrance.

Autrement, le web regorge de références sur les activités à pratiquer pour trois fois rien. Le site laviemoinschere.ca, propulsé par LesPacs, est un blogue à mettre dans ses favoris.

SON ARGENT À L'EAU

À elle seule, une piscine peut occasionner des frais substantiels. Installer une minuterie sur le filtreur de votre piscine est une excellente idée. Pour une piscine hors terre, 14 heures de filtration par jour suffisent, rappelle le CAA-Québec. Les 10 heures où le filtreur est en arrêt permettent d'économiser 2,77 $ par semaine, donc 36 $ entre juin et septembre.

Chauffer une piscine creusée peut facilement coûter jusqu'à 400 $ l'espace d'un été, selon Hydro-Québec. Évitez de surchauffer votre eau et, surtout, utilisez une toile solaire la nuit pour conserver la chaleur accumulée durant le jour.

Tous les chimistes vous le diront, plus le pH de votre eau sera équilibré, moins vous devrez utiliser de chlore. Dès lors, vous épargnerez. Renseignez-vous sur les façons abordables et écologiques de contrôler le pH de votre eau.

Par ailleurs, il faut faire attention aux publicités aguichantes des marchands de piscines, prévient Karine Robillard, avocate et conseillère budgétaire à Option consommateurs. « Ces piscines sont offertes moyennant des petits paiements hebdomadaires, dit-elle. Les gens ne pensent qu'au versement, mais pas à l'ensemble des paiements ni aux intérêts à payer. »

MOI, J'MANGE

C'est en été que les fruits et les légumes sont les moins chers. Profitez-en pour consommer le plus d'aliments frais possible. Selon Gaétan Bono, grossiste au Marché central de Montréal, les fruits et légumes d'été sont « au minimum 50 % moins chers » que durant l'hiver. « Manger plus de produits d'ici, c'est bon pour la santé, mais c'est aussi bon pour notre économie parce qu'on encourage nos maraîchers locaux », rappelle-t-il.

L'autocueillette est une autre façon d'économiser. La cueillette de petits fruits (fraises et bleuets plus particulièrement), qu'on mettra en conserve ou qu'on congèlera, permet d'avoir accès à des fruits de qualité à l'année. Si on suit la logique de Gaétan Bono, 65 $ de fraises et de bleuets cueillis entre juillet et août vous auraient coûté au bas mot 130 $ entre novembre et mai.

Faire un potager dans sa cour arrière, sinon sur son balcon (si la réglementation municipale le permet), permettra d'économiser tout au plus quelques dizaines de dollars. Les plants de tomates sont particulièrement « rentables », nous dit-on.

S'abonner aux paniers bios d'Équiterre permet de très bien manger à peu de frais. « Pour environ 25 $ à 30 $ par semaine, le client reçoit un panier de produits biologiques, explique Annick Girard, chargée de projet à Équiterre. C'est moins cher qu'un panier de fruits et légumes non biologiques acheté au supermarché. »




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