Source ID:cfb38866-ce47-48d8-9ac6-876c9312fb65; App Source:alfamedia

Gare au risque d'ignorance et aux FNB

Carl Simard, président et gestionnaire de portefeuille chez... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

Agrandir

Carl Simard, président et gestionnaire de portefeuille chez Medici.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Richard Dufour

Chaque semaine, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Carl Simard, de MEDICI à Saint-Bruno.

Quel a été l'événement le plus significatif des derniers jours en Bourse ?

Ce sont les deux mêmes événements qui se répètent depuis plusieurs mois. Le premier porte sur la publication de quelques indicateurs économiques favorables (la commande des biens durables, le moral des ménages et le secteur immobilier) qui démontrent une amélioration modérée de l'économie américaine. Cependant cette progression économique pourrait forcer éventuellement la Fed à monter les taux d'intérêt engendrant possiblement des dommages collatéraux sur les marchés boursiers.

Le second est à propos de possibilité d'un défaut de paiement sur la dette de la Grèce.

Bien que ces événements peuvent être intéressants à suivre, ils nous sont généralement d'aucune utilité pour nous aider à prendre des décisions d'investissement. Nous n'investissons pas dans les marchés boursiers, mais dans des entreprises spécifiques. Ce qui nous intéresse, c'est d'analyser la performance économique des sociétés que nous suivons. C'était vrai la semaine dernière, c'est vrai cette semaine et ce sera aussi vrai la semaine prochaine.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement ?

Dans un monde où les taux d'intérêt sont très bas et que les multiples d'évaluation de certains secteurs et sociétés sont très élevés (ex. : Services Publics, REITs), il est important de s'assurer que le multiple des profits payé soit justifié par de la croissance. À cet effet, nous calculons l'écart entre le cours boursier des entreprises que nous suivons avec notre estimation de leur valeur intrinsèque.

Il est critique de toujours avoir une idée à tout le moins approximative de la valeur intrinsèque des entreprises qui nous intéressent. Citons le réputé investisseur Phil Fischer à cet égard : « Le marché déborde d'investisseurs qui connaissent le prix de tout, mais la valeur de rien. »

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir ?

En assumant un horizon de placement supérieur à cinq ans, nous investirions cette somme d'argent dans des actions d'entreprises publiques en croissance. Au lieu de « subir » la croissance de leur marché, ces entreprises réussissent à croître deux ou trois fois plus vite que leur marché. Ce peut être par le biais d'acquisitions ou par le biais d'une croissance organique supérieure.

TJX Companies est un bon exemple de ce type d'entreprise qui travaille dans le secteur du commerce au détail. Elle détient notamment les bannières canadiennes Winners ainsi que Home Sense. Bien que TJX produit des ventes annuelles d'environ 30 milliards de dollars, elle réussit à quand même générer une croissance année après année dans les deux chiffres. Elle ouvre des magasins en Europe et est également en train de dupliquer son concept à bas prix dans une nouvelle chaîne nommée Sierra Trading Post - un concept qui rappelle celui de Mountain Equipment Coop.

Quel placement évitez-vous à tout prix ?

Il faut éviter les placements à la mode qui sont généralement vendus comme une panacée. Un exemple actuel de ce type de placement est les fonds négociés en Bourse. Ces fonds sont pratiquement impossibles à évaluer et à suivre assidûment compte tenu du très grand nombre de titres détenus par ces fonds. Le manque de repères économiques de ces produits financiers fait aussi en sorte que le conseiller financier ou ses clients seront très mal outillés pour traverser une inévitable tempête boursière. Finalement, parmi les milliers de fonds à la Bourse offerts sur le marché, quels sont les critères pour acheter les meilleurs ?

Une seconde mauvaise idée est d'investir dans des liquidités dans le seul but de synchroniser le marché. L'investisseur prédisant une baisse boursière conserve de l'encaisse excédentaire afin de pouvoir selon ses prétentions acheter des actions à bas prix. Autrement dit, « vendre haut et acheter bas ». Pourtant, les études de la firme Dalbar ont clairement démontré que la synchronisation des marchés expliquait dans une large mesure l'écart négatif d'environ 5 % entre les rendements obtenus en moyenne par le marché et ceux des investisseurs.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus ?

Les marchés sous-estiment constamment le risque d'ignorance ! Souvent, au lieu de mettre les efforts nécessaires à bien connaître les entreprises dans lesquelles on investit, on accepte le risque d'ignorance et on le mitige en éparpillant les avoirs du portefeuille. Mieux vaut un portefeuille raisonnablement diversifié (entre 10 et 20 titres) dont le contenu est maîtrisé que de s'éparpiller à droite et à gauche et d'ignorer ce qu'on possède. Il est plus facile de garder son calme lors de tempêtes boursières quand on comprend bien ce qu'on possède dans son portefeuille que lorsqu'on est éparpillé et que les principaux indicateurs deviennent « l'économie en général ».

Carl Simard est président et gestionnaire de portefeuille chez Medici, une boutique de gestion de patrimoine installée à Saint-Bruno-de-Montarville. Actuaire de formation, il a fait carrière comme consultant en informatique avant de se lancer à plein temps dans la gestion de portefeuille en fondant Medici il y a sept ans. L'actif sous gestion chez Medici s'élève à plus de 200 millions de dollars.




la boite: 4391560:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer