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Bourse américaine: beaucoup d'élan en réserve

Stéphane Rochon est vice-président et directeur de la... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Stéphane Rochon est vice-président et directeur de la recherche pour les particuliers investisseurs chez BMO Nesbitt Burns, une filiale boursière de la Banque de Montréal.Auparavant, M. Rochon a passé sept ans à New York comme directeur de la recherche pour les actions américaines pour la firme Crédit Suisse, où son portefeuille type a surpassé l'indice S&P 500 chaque année.

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Chaque semaine, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement.

Cette semaine, Stéphane Rochon, vice-président et directeur de la recherche pour les particuliers investisseurs chez BMO Nesbitt Burns, une filiale boursière de la Banque de Montréal.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

À très court terme, évidemment, le référendum écossais a provoqué un peu de nervosité sur les marchés financiers, en Europe surtout.

Mais pour le moyen terme, c'est la mise à jour de la politique monétaire par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a réaffirmé son maintien de taux d'intérêt très bas pour un bon moment encore.

Pour les investisseurs, c'est un autre signal de la Fed en faveur d'une politique monétaire très souple pour soutenir la reprise américaine. C'est aussi une politique monétaire qui demeurera favorable pour les actifs de risque comme les actions.

Cela dit, ce qui compte vraiment pour la Bourse, c'est la trajectoire à moyen terme de l'économie américaine. Et malgré les hésitations de la Fed avec les taux, cette trajectoire économique est vraiment positive, ce qui correspond habituellement à une période de bon rendement en Bourse.

Avec une telle conjoncture économique, le cycle haussier en Bourse qui a débuté après la crise de 2008 pourrait n'être encore qu'à mi-parcours de sa durée potentielle en nombre de semaines, en comparaison du cycle haussier des années 90.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

Il y en a deux en particulier, qui concernent l'économie américaine.

Le premier est l'indice Case-Shiller des prix des maisons parce que la reprise de l'immobilier résidentiel aux États-Unis est l'une des clés de l'essor boursier depuis trois ans.

Ce regain profite à toute l'économie de consommation, tout en rehaussant la confiance en l'investissement parmi les particuliers.

Et malgré un ralentissement de l'indice Case-Shiller récemment, je m'attends à une réaccélération lors des prochains trimestres parce que l'immobilier résidentiel aux États-Unis demeure l'un des moins chers parmi les actifs comparables dans le monde.

Le second indicateur que je surveille est celui de l'ISM, ou Institute of Supply Management, parmi les dirigeants d'entreprises aux États-Unis.

Cet indicateur mesure les conditions d'affaires et les anticipations de carnets de commandes dans les entreprises, vues par leurs directeurs d'achats.

C'est un indicateur qui, historiquement, évolue en forte corrélation - 80 % en moyenne - avec les indices boursiers.

Depuis quelque temps, l'indice ISM est en net rebond, ce qui s'annonce très favorable pour la Bourse américaine à moyen terme.

Et ce, au-delà du risque d'une légère correction - de 3 à 4 % - qui pourrait encore survenir à court terme.

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir?

Dans un portefeuille dit « équilibré », nos recommandations d'allocation d'actifs se basent ces temps-ci sur une sous-pondération en titres à revenu fixe et une surpondération en actions.

Dans cette catégorie, nous recommandons une sous-pondération en actions canadiennes, mais une surpondération importante en actions américaines.

Sur cette Bourse américaine, nous privilégions les titres du secteur industriel qui profitent d'un regain de compétitivité grâce à la baisse des coûts d'énergie aux États-Unis (pétrole, gaz) et à la hausse des coûts de production en Chine.

Par ailleurs, dans la perspective d'une remontée des taux d'intérêt, les entreprises de services financiers sont attrayantes, en particulier les compagnies d'assurances et les grandes banques.

Quant aux actions internationales, nous suggérons une pondération en portefeuille relativement neutre avec les marchés des économies émergentes et ceux des économies développées.

À l'opposé, quel placement évitez-vous ces temps-ci?

Dans l'attente d'une remontée de taux par la Fed, il faut faire très attention aux titres à revenu fixe comme les obligations à long terme et aux actions privilégiées d'entreprises.

Ces valeurs mobilières sont très sensibles à une augmentation des taux d'intérêt, d'où notre sous-pondération des titres à revenu fixe dans un portefeuille équilibré.

Dans la même veine, il faut faire attention aux actions d'entreprises des services publics et de l'immobilier, dont les revenus augmentent peu.

Leur valeur boursière, déjà très élevée, sera vulnérable lorsque surviendra la remontée des taux.

Enfin, dans notre portefeuille type, nous avons enlevé les titres du secteur aurifère et des services à l'industrie pétrolière, qui risquent d'être touchés par la baisse du prix du pétrole.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement?

La question la plus fréquente parmi nos clients-investisseurs, c'est: « Que pensez-vous du dollar canadien? »

En fait, on s'attend à ce qu'il continue de s'affaiblir face au dollar américain, peut-être même jusqu'à 75 cents US d'ici deux à trois ans.

Pourquoi? Parce que le super-cycle de prix des matières premières, qui influence beaucoup la valeur du dollar canadien et l'indice principal de la Bourse de Toronto, est bel et bien derrière nous.

Cette tendance baissière se voit dans le prix de métaux industriels comme le cuivre, dans les aliments de base comme le maïs et, maintenant, dans le prix du pétrole.

Pour les investisseurs, un tel affaiblissement du dollar augure une période de sous-performance de la Bourse canadienne par rapport à ses voisines américaines.

En fait, c'est un autre argument en faveur d'une plus grande diversification internationale des placements des Canadiens, au lieu de se concentrer sur un marché qui s'annonce sous-performant.




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