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Finances 101: un krach profitable

Supposons que vous achetez aujourd'hui une action représentant le panier de... (Photo Frank Gunn, Archives PC)

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Photo Frank Gunn, Archives PC

Paul Durivage
La Presse

Supposons que vous achetez aujourd'hui une action représentant le panier de titres de l'indice S & P TSX au coût de 14 667 $. Quel scénario boursier vous sera le plus favorable à très long terme : une chute abrupte de 66 % ou une hausse fulgurante de 200 % de la Bourse de Toronto ?

Aussi étonnant qu'on puisse le penser, le krach rapportera 40 000 $ de plus sur un horizon de 30 ans. Cela est vrai même si la Bourse ne se relève jamais de sa plonge et sans même devoir rempiler.

Un fort revers boursier s'avère en effet bénéfique à très long terme pour l'épargnant en créant une opportunité d'investissement à prix d'aubaine. Le simple réinvestissement des dividendes des entreprises dans le rachat de ces actions soldées fait toute la différence.

Nous avons appliqué à la Bourse de Toronto le modèle prévisionnel conçu pour le blogue Philosophical Economics (http : //philosophicaleconomics.wordpress.com/) qui a planché sur l'indice S & P 500 du marché américain. La démonstration est encore plus probante pour le marché boursier canadien en raison du taux de rendement des dividendes plus élevé.

Les savants blogueurs américains posent simplement en hypothèse un taux de croissance régulier de 2 % du S & P et des dividendes après les deux événements suggérés. Le taux courant de distribution en dividende de 2 % des 500 entreprises composant l'indice est majoré à 3 % pour inclure l'autre partie des bénéfices allant au rachat d'actions en circulation. Les auteurs de l'étude obtiennent ainsi un rendement annualisé de 6,88 % sur 30 ans dans le cas d'un marché qui triplerait de valeur, à comparer avec un rendement de 7,08 % advenant le scénario catastrophe.

Dans le cas du marché canadien, le rendement courant des dividendes versés atteint déjà 2,78 %. Nous l'avons bonifié à 3,35 % pour tenir compte des sommes allant au rachat d'actions du trésor. Cela correspond d'ailleurs au flux de trésorerie disponible des 244 entreprises canadiennes du TSX.

C'est ainsi que notre investissement initial de 14 667 $ dans une action représentant le TSX mercredi (1 $ par point) vaudrait 44001 $ l'an prochain si la Bourse triplait. Le réinvestissement de dividendes se faisant cependant à fort prix à partir de ce moment, nous n'aurons guère plus d'actions dans 30 ans. Avec un indice alors à 78 139, ce portefeuille de 1,44 action vaudrait 112 155 $.

Par contre, si la Bourse chute des deux tiers en 2015, nous obtenons neuf fois plus de parts d'action pour la même somme de dividendes réinvestis. Ces 17,54 actions accumulées sur 30 ans vaudront au total 152 203 $, même si le TSX n'aura remonté que jusqu'à 8677 entretemps.

Voilà une bonne raison de rester cramponné à la Bourse même quand le bateau chavire. Pourvu que les entreprises demeurent rentables et généreuses pour leurs actionnaires, il n'y a vraiment pas lieu de s'inquiéter. Évidemment, il est plus satisfaisant de voir le marché bondir que d'assister à la dégringolade des indices et la fonte de ses économies. Mais, à la longue, la patience triomphe.

Petit train va loin

Ce tableau préparé il y a plusieurs années par mon collègue Réjean Bourdeau, alors qu'il était chroniqueur financier à La Presse, rappelle lui aussi les tours que peut nous jouer la volatilité boursière. On y compare le rendement obtenu par un portefeuille « yoyo » d'un spéculateur qui tirerait 14 % une année de ses placements risqués, mais essuierait une perte de 7 % l'année suivante, et celui d'un investisseur prudent qui se contenterait d'un rendement de 7 % tous les ans. Encore ici, l'accumulation de petits profits réguliers l'emporte sur les gros gains discontinus.




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