Une dizaine d'analystes suivent les activités quotidiennes du quincaillier Rona et il n'y a toujours aucune recommandation d'achat sur le titre.

Publié le 20 nov. 2013
Richard Dufour LA PRESSE

Un analyste a même décidé cette semaine de retirer sa suggestion de «conserver» pour devenir le premier à recommander la vente du titre.

Cet analyste est Mark Petrie, de la CIBC.

Il applaudit les nouveaux patrons qui font les bons gestes. Des améliorations sont apportées et du progrès est observé, mais la tâche à accomplir reste immense, à son avis.

«Le remodelage de la culture d'entreprise est en cours, mais ça ne paraît pas encore dans l'expérience de magasinage», dit Mark Petrie.

Si bien qu'au cours boursier actuel, l'analyste affirme que le titre de Rona escompte pleinement un redressement de la situation l'an prochain. Il va même plus loin en affirmant que les récents multiples d'évaluation observés ne reflètent pas la valeur fondamentale de l'entreprise.

À ses yeux, le sommet de l'action atteint dans les derniers mois est davantage lié à la spéculation entourant l'offre d'achat de Lowes. Sa cible sur l'action est fixée à 11 $ pour la prochaine année.

Par ailleurs, il ne faut pas écarter totalement l'éventualité de voir une nouvelle offre d'achat être déposée sur Rona.

«Ça reste une possibilité, dit Anthony Zicha, de la Scotia. Mais je ne tiens plus compte de ce scénario dans mon évaluation.»

En plus de celui de Lowes, le nom de Canadian Tire circule depuis un moment comme étant un acquéreur potentiel.

La cible d'Anthony Zicha, à 11 $, vient par ailleurs de passer à 13 $ (le niveau le plus élevé actuellement sur Bay Street) parce que, malgré les défis à relever, Rona réussit à améliorer sa flexibilité financière.

Depuis un an, l'action de Rona a oscillé entre 9 et 13 $.

Le contexte macroéconomique demeure difficile pour Rona, particulièrement au Québec où le quincaillier génère près de 50 % de son chiffre d'affaires. Et il faut s'attendre à ce que la concurrence reste féroce.

«La rénovation importante du modèle d'affaires en cours chez Rona ne sera pas facile à réaliser dans le contexte actuel et le titre de Rona est mieux adapté pour un investisseur patient», souligne Irene Nattel, chez RBC.

Keith Howlett, de Desjardins, rappelle que la tâche cruciale à accomplir est de raviver la performance du réseau de magasins d'entreprise. «Les dirigeants réalisent de belles choses dans leurs efforts pour redresser la situation. Mais il est encore trop tôt dans ce long processus pour que l'action de la société soit attrayante pour un investisseur.»

À la Banque Nationale, Vishal Shreedhar montre un optimisme prudent. «L'exécution est l'élément-clé. Dans un contexte économique aussi incertain qu'en ce moment, avec la concurrence actuelle et compte tenu de l'ampleur de la transformation à réaliser, la visibilité est limitée.»

La performance financière des mois de juillet, août et septembre dévoilée par Rona mardi dernier a clairement démontré que le quincaillier était touché par le ralentissement de l'immobilier résidentiel.

Home Depot et Lowes publieront à leur tour leurs résultats trimestriels cette semaine et il sera notamment intéressant de voir si la tendance constatée sur le plan des ventes dans les magasins comparables est semblable ou non.

Une croissance négative de 2,4 % a été enregistrée dans les magasins comparables de Rona durant le dernier trimestre.

Home Depot, qui continue de batailler ferme avec Rona pour des parts de marché au Québec, dévoilera ses résultats mardi. Lowes suivra le lendemain.

Soulignons par ailleurs que le PDG de Rona, Robert Sawyer, a acheté jeudi 25 000 actions de l'entreprise au prix de 11,85 $ chacune.