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Le luxe ne connaît pas la crise

Les perspectives du marché mondial des produits de... (Photo Lucas Jackson, Reuters)

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Les perspectives du marché mondial des produits de luxe sont positives malgré la faiblesse de beaucoup d'économies du monde et un léger ralentissement du rythme au premier trimestre 2013.

Photo Lucas Jackson, Reuters

Agence France-Presse

Le marché mondial du luxe reste épargné par la crise avec une hausse prévue de 4 à 5% du chiffre d'affaires du secteur en 2013 après une croissance de 10% l'an passé, a annoncé jeudi l'observatoire Altagamma, sur la base d'une étude de la firme Bain and Company.

«Les perspectives du marché mondial sont positives malgré la faiblesse de beaucoup d'économies du monde et un léger ralentissement du rythme au premier trimestre 2013», a annoncé Altagamma dans un communiqué, à propos d'un marché qui a engrangé 212 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'an passé.

Le président de la Fondation, Andrea Illy, a rappelé le poids que représente le luxe pour l'économie italienne: «12% de l'industrie, 24% des exportations, 2% du PIB après une hausse de 8% en 8 ans, et un chiffre d'affaires qui double tous les dix ans».

Le secteur du luxe continue de croître «parce que les clients cherchent un produit d'excellence», selon M. Illy.

Selon Bain, en 2025, le marché du luxe sera cinq fois plus grand qu'en 1995.

Cette année, le chiffre d'affaires du secteur en Europe devrait augmenter de 4% en raison «d'un ralentissement des flux touristiques, en particulier en provenance du Japon». Dans ce pays, la consommation intérieure repart en flèche et devrait bénéficier au luxe (+5%) mais «les marques ont dû mal à suivre les comportements et préférences de jeunes en constante mutation», selon Altagamma.

Aux États-Unis «où une confiance élevée des acheteurs soutient la consommation interne», Altagamma prévoit une bonne progression de 7%.

En forte hausse aussi l'Amérique du Sud (+12%), en dépit de taxes à l'importation qui freinent les affaires.

En Chine, la campagne anti-corruption aux accents nationalistes préoccupe un peu les grands acteurs du luxe qui s'attendent toutefois à une progression de 7% de son chiffre d'affaires sur ce marché.

L'Asie Pacifique devrait permettre de compenser avec une hausse prévue de 20%, avec en particulier un boom en Australie grâce à un afflux de touristes chinois.

Singapour s'est affirmée comme plaque tournante régionale du luxe avec un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros en 2012.

Au Moyen-Orient, le marché s'est établi à 6,3 milliards en 2012 avec une hausse de 5% prévue pour 2013. Dubaï représente 30% des ventes de la région grâce à sa capacité à attirer des consommateurs internes mais aussi des Russes, Indiens et Africains.

Sur les marchés les plus «mûrs», les marques de luxe attendent beaucoup désormais des consommateurs baptisés «henry» (high earners, not rich yet, à gros budget mais pas encore riches) qui dans ces zones sont «10 fois plus nombreux que les ultra-riches».

En Italie, Altagamma voudrait proposer au nouveau gouvernement gauche-droite d'Enrico Letta un partenariat «non pas pour obtenir des fonds mais une baisse progressive de l'imposition des bénéfices réinvestis et mettre en place des programmes de formation destinés aux jeunes», a expliqué M. Illy.

Pour lui, «la compétitivité (du Made in Italy) passe par un renforcement de l'italianité» en misant sur Milan avec la transformation prévue du passage Vittorio Emmanuele en «shopping gallery la plus belle au monde» et en parvenant à «doubler le nombre de touristes» venant de Chine, du Moyen-Orient et des pays émergents.




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