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Réaliste, être jeune et propriétaire?

Le prix des propriétés a tellement augmenté ces dernières années - 150 % à... (Photo Rémi Lemée, archives LaPresse)

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Photo Rémi Lemée, archives LaPresse

Le prix des propriétés a tellement augmenté ces dernières années - 150 % à Montréal en 12 ans - que les jeunes désespèrent de devenir un jour propriétaires. Plusieurs font de gros efforts d'épargne et cherchent des stratégies pour y parvenir malgré les coûts élevés.

C'est le cas de Charlotte et Matteo, un jeune couple du quartier Rosemont, à Montréal, qui économisent 1200 $ par mois en vue de l'achat, d'ici quelques années, d'une maison en banlieue, où ils veulent fonder une famille. Pour amasser encore plus d'argent, ils se demandent s'ils pourraient acheter un condo et le revendre dans quelques années, à profit, pour avoir une mise de fonds plus importante à l'achat de leur future maison. Après tout, bien des propriétaires ont fait la même chose, ces dernières années.

Malheureusement, les hausses faramineuses de valeur sont révolues. Plusieurs experts prédisent une stagnation du marché, ou même une chute des prix. «Il est loin d'être certain que des propriétaires puissent revendre avec profit après quelques années», souligne Marie-Hélène Legault, responsable depuis plusieurs années du cours d'accession à la propriété à l'ACEF de l'Est de Montréal. «On dit généralement qu'il faut garder une maison au moins cinq ans pour que l'achat soit rentable.»

Des dépenses à prévoir

Bien sûr, une propriété peut prendre de la valeur, comme on l'a vu ces dernières années. Mais devenir propriétaire s'accompagne de nombreuses dépenses qui ne sont jamais récupérées au moment d'une revente : taxes municipales, frais de condo, entretien, intérêts hypothécaires, frais de revente, etc. «Juste au cours de la première année, en plus de la mise de fonds, il faut prévoir des frais d'environ 10 000 $ pour le déménagement, le notaire, la taxe de Bienvenue et les petites rénovations à faire», explique Mme Legault.

De plus, les aspirants propriétaires qui évaluent leur capacité financière doivent calculer le coût de l'hypothèque en utilisant un taux d'intérêt de 5 %, pour prendre en considération une hausse éventuelle des taux, note Pierre D'Argenzio, planificateur financier pour la Banque Royale.

Comme les couples envisagent souvent l'achat d'une maison au moment de fonder une famille, ils doivent prévoir une baisse de revenu en raison d'un congé parental, et une hausse des dépenses à cause de l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille, ajoute Marie-Hélène Legault.

Autre dépense à prévoir, dans le cas d'un déménagement en banlieue : l'achat d'une voiture. «Plusieurs disent qu'ils vont se débrouiller avec une seule auto, même en banlieue, mais ils en achètent une deuxième après un certain temps, observe Mme Legault. Même si on est près des réseaux de transport en commun qui permettent de se rendre au travail, il y a aussi d'autres déplacements à prévoir, surtout avec des enfants qui ont une foule d'activités.» Le CAA-Québec évalue à 9500 $ par année les coûts reliés à l'utilisation d'une voiture compacte (dépréciation, entretien, essence, assurances et autres frais).

Vivre pour sa maison

Certains sont peut-être prêts à réduire d'autres dépenses pour devenir propriétaires, mais ils doivent savoir à l'avance dans quoi ils s'embarquent, souligne Pierre D'Argenzio. «Il faut être capable d'épargner et avoir un coussin pour les imprévus, dit-il. Si on a utilisé le RAP pour l'achat de la maison, il faudra aussi être en mesure de remettre l'argent dans les REER.»

«Dans certains cas, les acheteurs sont tellement serrés qu'ils ne vivent que pour leur maison», ajoute son collègue Robert Gorgui, aussi planificateur financier pour la Banque Royale.

Dans ses cours, Marie-Hélène Legault suggère aux futurs propriétaires de «se pratiquer» avant l'achat d'une maison, en fonctionnant avec le budget qu'ils auront alors. S'ils sont obligés de se priver d'activités ou de biens importants pour eux, et que ça s'avère difficile, ils pourront alors faire un choix en toute connaissance de cause. «La marche est haute pour passer de locataire à propriétaire», dit-elle.




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