Vendre toutes ses possessions pour se lancer à la découverte des routes de l'Amérique... Nicole et Véronique entretiennent ce rêve depuis longtemps. Maintenant, elles sont bien décidées à le réaliser. Le départ, au volant de leur véhicule récréatif, est prévu pour mai 2015.

Isabelle Ducas, collaboration spéciale LA PRESSE

«Nous nous sommes mariées l'été dernier, après 13 ans de vie commune, et cet engagement nous a fait réfléchir à l'importance de vivre ici et maintenant», confie Nicole. La différence d'âge entre les deux conjointes (19 ans) a également donné lieu à de nombreuses discussions. Nicole, 67 ans, infirmière retraitée, a accumulé plus d'actifs que Véronique, 48 ans, qui travaille comme coordonnatrice. «Véronique me disait souvent que c'était important que je réalise mes rêves, mais elle-même était encore à l'étape de se demander comment ramasser de l'argent en vue de ce voyage, raconte la retraitée. Elle ne voulait pas dépendre de moi. Mais à mon âge, c'est le temps où jamais de passer à l'action.»

Vendre le quadruplex

Ont-elles les moyens de concrétiser ce projet ? Oui, répond Josée Laframboise, planificatrice financière pour la Banque de Montréal. Ce qui leur permet d'être optimistes, c'est le quadruplex d'une valeur de 900 000$ que possède Nicole, dont elles habitent la moitié. Nicole veut s'en départir avant de prendre la route. La propriété est grevée d'une hypothèque de 248 000$ et d'une marge de crédit de 40 000$. Dans deux ans, elle pourrait être vendue pour 944 000$, en calculant une augmentation annuelle de 2% de sa valeur. Après le remboursement du prêt hypothécaire, dont le solde sera alors de 222 500$, de la marge de crédit de 40 000$ et le paiement des impôts sur le gain en capital (environ 55 000$, étant donné que la moitié de l'immeuble est considérée comme leur résidence familiale, donc exempte d'impôt sur le gain en capital), il leur restera environ 626 500$.

Le couple possède aussi deux voitures et une moto, dont la vente devrait rapporter environ 65 000$. Elles auront donc 691 500$ en main au moment de partir. Josée Laframboise suggère d'investir cette somme dans un fonds équilibré qui génère un revenu mensuel, comme le portefeuille catégorie Select, série T6, de BMO. Nicole et Véronique pourraient retirer 41 000$ par année de ce placement.

De plus, elles pourront compter sur le revenu de retraite de Nicole, qui s'élève à environ 40 000$, provenant des prestations gouvernementales et du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP). Avec 81 000$ par année, elles devraient pouvoir payer leurs pérégrinations sur les routes de l'Amérique, d'autant plus qu'elles ont l'intention de vivre de façon frugale. «Elles s'assurent des revenus confortables et une bonne marge de manoeuvre pour palier aux imprévus», note la planificatrice financière.

En outre, au cours des deux années avant le départ, Nicole devrait pouvoir placer 5000$ par année dans son CELI.

Avant de partir, elles doivent bien évaluer les dépenses reliées à leur projet, comme par exemple, les assurances. Si elles séjournent à l'extérieur du Québec pendant plus de la moitié de l'année, elles pourraient ne plus être couvertes par le régime d'assurance-maladie provincial.

L'avenir de Véronique

Véronique devra laisser son emploi pour mettre ce projet à exécution. Elle ne pourra compter sur aucun revenu pendant le voyage, et ne mettra pas non plus d'argent de côté en prévision de sa retraite. Elle a amassé peu d'épargne jusqu'à maintenant. « Nicole est beaucoup mieux nantie que Véronique donc, dès le départ, elle doit être à l'aise avec l'idée que c'est elle qui va tout payer pendant le voyage, souligne Mme Laframboise. Et dès leur retour, elles devront discuter sérieusement de la situation de Véronique, qui est un peu inquiétante.»

Nicole et Véronique pensent partir pendant deux ans. Selon leur appréciation de la vie sur la route, elles pourraient raccourcir ou prolonger le voyage. À leur retour au Québec, elles songent à s'installer à l'extérieur de Montréal. Le produit de la vente du quadruplex pourra servir à acheter une nouvelle propriété. Véronique, qui sera alors au milieu de la cinquantaine, retournera vraisemblablement au travail pour quelques années. Mais il lui faudra un plan pour assurer ses vieux jours.

En attendant, les aventurières peuvent se lancer à la conquête des grands espaces !

LA QUESTION

«Quelle serait notre situation financière si nous vendons toutes nos possessions pour partir quelques années en véhicule récréatif ?»

-Nicole

LES DONNÉES

Nicole, 67 ans

Revenu de retraite (RREGOP, RRQ, PSV) : 40 000$

Revenus de location : 27 000$

Actif

CELI : 10 000$

Quadruplex : 900 000$

Passif

Prêt hypothécaire : 248 000$

Marge de crédit hypothécaire : 40 000$

Véronique, 48 ans

Revenu : 36 500$

Actif

REER : 36 000$

CELI : 2000$

Passif

Aucun

LA RECOMMANDATION

«La vente de l'immeuble de Nicole permettra au couple de partir en nomade avec leur véhicule récréatif, mais au retour, elles devront réévaluer leur situation financière et discuter d'un plan de retraite pour Véronique.»

-JOSÉE LAFRAMBOISE, planificatrice financière, BMO Groupe financier