L'augmentation de la demande de produits agricoles et la hausse des prix des denrées alimentaires pourront tourner à la faveur des investisseurs, selon les experts en placement.

Lauren Krugel LA PRESSE CANADIENNE

Stephen Johnston du fonds d'investissement agricole  Agcapita Partners LP., situé à Calgary, a noté un changement progressif dans la demande des denrées de base.

Alors que de plus de citoyens en Chine, en Inde, ou dans d'autres économies émergentes accèdent à la classe moyenne, la viande est de plus en plus présente dans leur alimentation. Avec une augmentation constante de la production animale, l'approvisionnement des céréales servant à nourrir le bétail risque de devenir difficile.

«La question que vous devez vous poser est: «est-ce qu'il est réaliste de penser que cette tendance à la consommation de viandes de la classe moyenne des économies émergentes se poursuivra?» Selon moi, la réponse est oui» allègue M. Johnston en ajoutant qu'à ce rythme, cela aura un effet important sur le marché des produits de base en particulier sur celui de l'énergie et de l'agriculture.

Le fonds Agcapita Partners LP, où M. Johnston est partenaire, investit dans les terres agricoles des provinces de l'ouest sans pénétrer le secteur de l'élevage au quotidien. «À long terme, cela vous rapporte tous les rendements provenant directement des matières premières agricoles parce qu'une terre agricole est seulement un dérivé au niveau du prix des marchandises.

Les actions ordinaires et les marchés à terme connaissent trop de remous au goût d'Agcapita, selon Stephen Johnston.

Avec des terres agricoles, vous êtes assurés d'obtenir un bon rendement sans la volatilité des marchés.

L'augmentation du prix des céréales est une bonne nouvelle pour les agriculteurs. Il s'avère lucratif d'investir dans les compagnies qui alimentent les producteurs de viande.

Selon Jason Zandberg, analyste au groupe PI Financial Corp, plus les fournisseurs de produits agricoles vont faire de profits, plus ils vont investir dans les fertilisants, les intrants (éléments entrant dans la production des biens) agricoles, les équipements aratoires. «Il semble que le marché favorise les acheteurs d'actions dans le secteur agricole.»

Parmi les compagnies que recommande Jason Zandberg, on retrouve Viterra Inc. [[|ticker sym='VT.TO'|]] qui commercialise les céréales, vend des semences et possède plusieurs avoirs dans le secteur des produits agricoles. L'entreprise est active à travers le monde, ce qui la met à l'abri des soubresauts. Si la température est infecte en Amérique du Nord, on pourra se reprendre en Australie par exemple.

M. Zandberg recommande aussi des compagnies comme  Cervus Equipment Corp. (TSX:CVL) et Rocky Mountain Dealerships Inc. (TSX:RME), des vendeurs de machinerie agricole.

Par contre, du côté des importants producteurs de fertilisants, les résultats ne sont pas si spectaculaires ces derniers temps, selon Charles Neivert, analyste chez Dahlman Rose & Co. «Mais si on regarde plus loin, il y a une possibilité que les choses aillent mieux si on tient compte de la situation courante. L'année 2012 devrait être très bonne en ce qui a trait à ces produits.»

Charles Neivert recommande aux investisseurs de suspendre l'achat des actions d'entreprises agricoles au cours des prochains mois et attendre à la fin août ou au début de septembre pour les acquérir si la température demeure chaude.

Les agriculteurs s'affaireront alors à préparer leur champ, et ils auront besoin de produits de base.

«Si les choses se maintiennent je ne serai peut-être pas un grand détenteur d'actions maintenant, mais je voudrai en posséder davantage plus plus tard» a déclaré Charles Neivert.

Les denrées agricoles se font plus rares de l'autre côté de la frontière, plus particulièrement le maïs, selon le Département américain de la culture.

«Le maïs aura besoin d'une année très, très forte en 2012 pour rebâtir l'inventaire et demeurer compétitif» a relevé Charles Neivert.

L'azote est un fertilisant nécessaire à la production du maïs, les investisseurs devraient se tourner vers les manufacturiers qui en produisent conclut M. Neivert. Au Canada, le premier nom qui lui vient en tête est celui d'Agrium Inc. [[|ticker sym='AGU.TO'|]] qui a fait une tentative de prise de contrôle infructueuse de la compagnie CF Industries Holdings Inc.