L'objectif: avril 2014. Normand aura alors 60 ans et ce sera le moment de prendre sa retraite. Si possible.

Il gagne un salaire de 42 700$. Célibataire, il est seul propriétaire d'une maison valant 140 000$, encore grevée d'une hypothèque de 90 000$.

«Je compte vendre la maison dès le début de la retraite afin d'éradiquer l'hypothèque et déménager en campagne dans une demeure modeste, probablement partagée avec une autre personne», explique-t-il.

Il détient 37 000$ en REER et a touché récemment un héritage de 40 000$.

«J'ai des besoins et des ambitions modestes, confie-t-il encore. Un mode de vie simple me convient. J'aimerais cependant disposer d'un budget d'environ 5000$ par an pour voyager. Est-ce possible?»

Économies d'impôt

Le planificateur financier David Paré, de Desjardins Cabinet de services financiers, annonce les couleurs: «Bonne nouvelle, Normand a une bonne connaissance de son niveau de vie. Moins bonne nouvelle, il ne fait presque pas d'épargne et n'a jamais vraiment planifié sa retraite.»

Normand touche un revenu annuel net de 27 300$. Puisqu'il ne fait aucune épargne et n'a recours à aucune marge de crédit, David Paré en conclut que ce montant représente également son coût de vie.

En supprimant de son budget actuel les dépenses de travail, Normand estime avoir besoin de 25 000$ par année à la retraite. Pour les voyages, David Paré y ajoute 5000$ par année pour les 10 premières années de retraite.

Les revenus de Normand suffiront-ils?

La rente de retraite de son employeur, partiellement indexée, s'élèvera à 60 ans à 22 950$. Elle sera diminuée de 7600$ à partir de 65 ans, pour se coordonner avec la RRQ. Celle-ci, pleinement indexée, s'établira alors à 7300$, plus 6200$ en provenance de la Sécurité de la vieillesse.

Héritage

Il faudra compter sur l'épargne de retraite et les 40 000$ reçus en héritage.

Comment utiliser ceux-ci? D'abord, en utilisant au meilleur escient ses droits de cotisation au REER non utilisés, et ceux qu'il accumulera encore d'ici sa retraite. Ensuite, en profitant des crédits d'impôt que procurent les fonds de travailleurs.

Le scénario proposé par David Paré prévoit une cotisation de 5000$ par année dans le Fondaction CSN (40% en crédits d'impôt), et de 5000$ par année en REER (mais 4000$ en 2013, alors que les droits de cotisation REER s'épuisent). En quatre ans, Normand cumulerait ainsi des économies d'impôt de 21 200$, qui pourraient être investies dans un CELI.

Sur ces économies, ainsi que sur les épargnes REER actuelles de 37 000$, notre conseiller applique un rendement annuel de 5%. Avec une indexation de ses dépenses de 2%, Normand serait en mesure de maintenir des dépenses de 24 000$ par année jusqu'à 90 ans.

Normand a fait part à David Paré de sa santé fragile. «Il ne pense pas dépasser 75 ans, indique celui-ci. Quand on nous fait ce commentaire, c'est très embêtant pour un planificateur. Il est très délicat d'arrêter notre planification à 75 ans. On se rabat tout de même sur les normes de planification, qui fixent l'horizon à 90 ans.»

Cependant, Normand doit être conscient qu'il s'agit du scénario de retraite le plus pessimiste. «Selon l'évolution de son état de santé, il pourra plus facilement faire les ajustements nécessaires sur sa situation financière et ses différentes stratégies, commente Davis Paré. Il devient alors important pour lui de se faire accompagner par un planificateur financier.»

Déménagement?

Dans ce scénario, notre planificateur n'a pas inclus le projet de partage de propriété, qui est probable mais non certain. Qu'y changerait-il?

En déménageant avec son amie et en partageant les dépenses courantes - communications, électricité, etc. -, Normand économiserait quelque 2000$ par année, selon les estimations du planificateur.

Normand prévoit construire une maison de 100 000$ sur un terrain qui lui appartient déjà. Les coûts seraient partagés avec son amie. Sa part de 50 000$ pourra être payée intégralement avec le bénéfice de la vente de sa maison actuelle, dont la valeur nette est justement de 50 000$. En supprimant de son budget la mensualité hypothécaire, Normand réduirait encore ses dépenses de 700$ de plus chaque mois.

Si le projet se réalisé, et au coût prévu, Normand disposera d'une marge de manoeuvre supplémentaire.

Avril 2014 est en vue.