Difficile pour les détaillants, une récession, après des années de croissance et d'investissements parfois considérables dans leurs magasins.

Martin Vallières
Martin Vallières LA PRESSE

Pourtant, malgré ce contexte difficile, les principaux détaillants québécois qui sont cotés en Bourse conservent la faveur des investisseurs.

Certains ont préservé leur valeur boursière au cours des remous historiques depuis deux ans. Et d'autres ont mieux fait en Bourse au cours des derniers mois par rapport aux indices de référence.

Par ailleurs, ces détaillants québécois d'importance obtiennent encore des recommandations avantageuses des analystes. Même un nouveau venu comme Dollarama, qui en étonne plus d'un avec la performance et le potentiel d'expansion de son réseau de magasins à escompte.

Mais qu'est-ce qui alimente ce sentiment favorable des analystes envers ces détaillants québécois ?

D'abord, un avantage géographique de conjoncture.

Car ces détaillants, dont le Québec demeure le principal marché, ont profité jusqu'à maintenant d'un bassin de consommateurs moins affectés que leurs voisins par la récession.

« Au Canada, ce sont le Québec, les Maritimes et la Saskatchewan qui demeurent les meilleures régions pour les détaillants », souligne l'analyste Keith Howlett, spécialise en commerce de détail chez Valeurs mobilières Desjardins (VMD).

Par ailleurs, les analystes qui surveillent les grands détaillants québécois notent leur bonne compétitivité dans leurs créneaux respectifs.

En alimentation, par exemple, Metro a « terminé l'exercice 2009 en position de force », souligne Irene Nattel, analyste réputée en commerce de détail chez Marchés des capitaux RBC.

« Les investisseurs sont demeurés prudents avec les actions de Metro, préoccupés par le risque de stagnation ou de baisses des prix en alimentation. Pourtant, Metro continue de faire des gains de parts de marché au Québec et d'importants gains de productivité en Ontario. »

(Metro est devenue la plus grosse enseigne en Ontario, selon le nombre de supermarchés, depuis son intégration des chaînes A&P et Dominion.)

Selon Keith Howlett, de VMD, Metro se distingue encore comme « le meilleur exploitant de supermarchés au Canada ».

« Tous ses principaux éléments fonctionnent bien malgré le contexte économique difficile », écrivait-il au lendemain des récents résultats de Metro. Les prochains sont attendus à l'assemblée des actionnaires, mardi prochain.

Les analystes accordent aussi de bonnes notes à un autre détaillant québécois, le géant des dépanneurs Alimentation Couche-Tard, dont Metro détient d'ailleurs 35 % du capital.

« Couche-Tard continue d'obtenir de bons résultats malgré la conjoncture », indiquait Perry Caicco, analyste d'expérience en commerce de détail chez Marché mondiaux CIBC, dans une note récente.

« Au Canada, ses activités performent comme si la récession n'était jamais survenue. Aux États-Unis, Couche-Tard est très bien placée pour traverser la tempête économique et continuer de croître par acquisitions. »

À la Financière Banque Nationale, Jim Durran, analyste du commerce de détail, apprécie aussi que les résultats de Couche-Tard demeurent « forts » malgré la conjoncture difficile.

« Ses compétences en matière de contrôle des coûts continuent d'impressionner », soulignait M. Durran dans son plus récent billet.

Quant au Groupe Jean Coutu (PJC), qui publiait ses derniers résultats trimestriels il y a 10 jours, les analystes notent que le recentrage de ses priorités d'affaires sur le Québec porte fruits.

Le détaillant est parvenu aussi à défier la récession jusqu'à maintenant avec ses projets d'expansion et d'amélioration de son vaste réseau de 366 magasins au Québec.

« Le Groupe Jean Coutu a encore un bon potentiel de croissance au Québec, où le nombre de pharmacies selon la population demeure inférieur à celui des provinces voisines, en particulier l'Ontario », expliquait l'analyste Perry Caicco, dans sa plus récente note sur PJC.