La crise financière n'a pas épargné les investisseurs responsables. Au Canada, les fonds éthiques ont tous terminé l'année 2008 dans le rouge, à l'exception des fonds de revenus fixes et de marchés monétaires.

Mis à jour le 21 févr. 2009
Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond LA PRESSE

Mais certains se sont enfoncés un peu moins profondément dans le bourbier.

Parmi les fonds d'actions canadiennes, certains fonds responsables comme le fonds Desjardins Environnement (-32,4 %) et le fonds RBC Jantzi Canadian Equity (-31,9 %) ont obtenu de meilleurs résultats que la moyenne des fonds de la catégorie (-34,6 %) et que l'indice composé de la Bourse canadienne (-33 % incluant le dividende).

 

Par contre, le fonds Acuity Social Values Can a flanché de 46 % en 2008. Sur cinq ans, il affiche le pire rendement (-3,4 % par an) parmi les fonds responsables d'actions canadiennes.

Parmi les fonds équilibré canadiens, le fonds Ethical Balanced, de loin le plus lourd avec 291 millions dans ses coffres, a décliné de 18 %, soit un peu moins que la moyenne des fonds équilibrés vendus au Canada qui ont fondu de 20,5 %.

Par contre, le fonds Investors Summa a perdu la moitié de sa valeur (-49,6 %) en 2008, bien pire que la moyenne des fonds d'actions canadiennes ciblées (-30,7 %) dont il fait partie. Malgré tout, il demeure le plus important fonds socialement responsable au Canada, avec des actifs de 846 millions.

Côté actions mondiales, plusieurs fonds éthiques ont mieux fait que la moyenne, dont ceux des familles Éthical, PH&N, Mackenzie, Acuity, Inhance et RBC.

Si les fonds responsables n'ont pas pu esquiver la débâcle boursière, ils ont quand même prouver quelque chose : dans un marché à la baisse, « on ne perd pas plus de rendement en étant socialement responsables. Et on obtient une plus-value qui ne se retrouve pas dans les cotes boursières «, assure Olivier Gamache, président du Groupe Investissement responsable.

Optimiste, il s'attend à ce que les entreprises qui ont des pratiques responsables rebondissent plus vite. « Dans le marché de l'automobile, dit-il, regardez qui est en train de quêter : les constructeurs de gros véhicules gourmands. «