Méfiez-vous lorsqu'un ami vous expédie un colis de l'extérieur du Canada. La douane intercepte les matières dangereuses, notamment les explosifs, les matières radioactives et les substances inflammables... comme le parfum.

Mis à jour le 13 févr. 2009
Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond LA PRESSE

La situation

Une bouteille d'eau de Cologne

Le hic

Les douaniers ont intercepté le colis «dangereux» pour le remettre à Postes Canada afin qu'il soit détruit.

«Mais la Poste m'affirme n'avoir rien reçu.» - Jean Berdais

Au bout du compte

Après enquête, la Poste a effectivement reçu et détruit le flacon. Quant aux quatre précieuses cartes postales qui l'accompagnaient, elles se sont évaporées...

 

Méfiez-vous lorsqu'un ami vous expédie un colis de l'extérieur du Canada. La douane intercepte les matières dangereuses, notamment les explosifs, les matières radioactives et les substances inflammables... comme le parfum.

Jean Berdais l'a appris à ses dépens, avant Noël. Depuis cinq ans, il reçoit en cadeau un flacon de 800 ml d'eau de Cologne, en provenance de la Belgique. L'expédition du colis par la poste n'a jamais posé de problème, ni à la douane canadienne, ni à celle de la Belgique.

Mais cette année, l'Agence des services transfrontaliers du Canada (ASTC) a intercepté son colis, qui contenait aussi quatre cartes postales datant de 50 ans, dont M. Berdais est un fervent collectionneur. Début décembre, l'Agence a écrit à M. Berdais pour l'informer que son colis avait été retiré du flot du courrier, parce qu'il contenait «une matière dangereuse».

Le parfum est un «produit inadmissible» en vertu de la Loi sur la Société canadienne des postes, indique Kareen Dionne, porte-parole de l'ASTC. Ces marchandises représentent un danger pour les employés de la poste. Ils peuvent salir le courrier ou endommager l'équipement postal.

Dans l'entrepôt de la Société canadienne des postes, à Saint-Laurent, où atterrit tout le courrier en provenance de l'étranger, une équipe de douaniers filtre les colis. Elle détermine si les marchandises peuvent entrer au pays, si des taxes ou des droits sont exigibles. Elle intercepte les produits inadmissibles et les remet aux employés de la poste, qui doivent les détruire.

Bien des marchandises classées inadmissibles n'étonneront personne, comme la dynamite, les armes prohibées ou le matériel pornographique.

Mais on se surprendra de trouver sur la liste des produits dangereux une foule de biens de consommation courante: produits en aérosol, briquet avec carburant, lotion à raser, colorant capillaire, colle ou adhésif, produits chimiques pour la photographie, herbicide, insecticide, engrais, thermomètre au mercure, piles au lithium... Impossible de les expédier par la poste.

Parmi les articles les plus souvent interceptés à la douane, on trouve les médicaments, les aliments (saucisson, foie gras, fromages, etc.) et les bouteilles de vin (un grand classique durant le temps des Fêtes).

C'est ainsi que l'eau de Cologne de M. Berdais a été saisie. Étonné par cette procédure pour le moins radicale, M. Berdais a vérifié auprès de la Poste si elle avait bien reçu le flacon de la douane et s'il elle l'avait détruit. Surtout, il s'est enquis du sort des quatre cartes postales, qui ont une valeur inestimable à ses yeux.

«Mais Postes Canada m'affirme n'avoir rien reçu de la douane», dit-il. De plus en plus troublé, M. Berdais s'est alors demandé dans quelles circonstances son eau de Cologne s'était volatilisée.

Il a alors contacté La Presse Affaires. Après une enquête approfondie, la Poste a finalement retracé le numéro d'inventaire de son colis. Le douanier qui a ouvert le colis, et l'agent de la poste qui l'a ensuite reçu, se souviennent du flacon d'eau de Cologne... mais pas des fameuses cartes postales. C'est à croire qu'elles se sont évaporées. «Si je ne reçois pas les cartes, je veux un dédommagement», insiste M. Berdais.

Pour éviter les problèmes à la douane, consultez sur son site internet les deux brochures suivantes: Je déclare, un guide pour les résidants du Canada qui reviennent au pays (www.cbsa-asfc.gc.ca/publications/pub/bsf5056-fra.html) et L'importation des marchandises non commerciales par la poste (www.cbsa-asfc.gc.ca/publications/pub/rc4051-fra.html). Ou encore, téléphonez au 1 800 959-2036.

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Notre courriel : avosaffaires@lapresseaffaires.com a/s Stéphanie Grammond, Journaliste, La Presse Affaires, 514 285-7070