Après l’humour, le café. Louis Morissette lancera sa propre marque de café au lait en canette. Un projet rendu possible grâce à un nouvel équipement unique au Canada.

Station Agro-Biotech a investi 30 millions – dont 10,6 millions proviennent de Québec – pour agrandir son usine de Saint-Hyacinthe et accueillir une nouvelle chaîne de fabrication ultramoderne nécessaire à la confection de cette boisson.

« Je suis un fan de ce produit-là aux États-Unis », a raconté jeudi Louis Morissette, lors d’une visite à l’usine.

On ne pensait jamais que ça allait être aussi compliqué [à fabriquer].

Louis Morissette, président de Groupe KO

« Le gars qui va essayer de nous copier ne sera jamais capable », a renchéri Jonathan Robin, président de Station Agro-Biotech, qui produit entre autres le gin Noroi et les boissons sans alcool Atypique.

Si le café au lait en canette n’est pas encore produit au Canada, c’est parce qu’il est complexe à fabriquer en respectant les normes de salubrité. Par exemple, pour stériliser une canette, cette dernière doit être chauffée à haute température, ce qui la fait normalement exploser. La machine requise pour ce procédé est coûteuse et chère à importer.

Un mastodonte

La machine en question, un autoclave, est un réel mastodonte. Le monstre de fer, importé de France, pèse 65 tonnes et remplit à lui seul une pièce.

L’immense structure de fer mesure environ 70 pieds de long. Les délais pour obtenir une machine de ce type sont d’environ deux ou trois ans. Station Agro-Biotech a dû agrandir son usine juste pour cette machine. On a même envisagé de construire un chemin de fer simplement pour la transporter jusqu’à Saint-Hyacinthe.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

L’autoclave, qui a requis un investissement de 30 millions de dollars

Avec ces investissements, l’usine a aussi fait l’achat d’une nouvelle chaîne de mise en canette et d’embouteillage entièrement automatisée.

Grâce aux nouveaux équipements, l’usine sera aussi en mesure de produire autre chose que du café.

« Tout ce qui est à base de protéine », précise Jonathan Robin, qui donne l’exemple du collagène.

Les travaux permettant d’accueillir la nouvelle machinerie ont pris plus de deux ans et demi à réaliser.

Bien que cela puisse sembler un produit de niche, M. Robin explique que ce marché est en augmentation de 20 à 30 % aux États-Unis. L’entrepreneur cherche entre autres à toucher un public plus jeune avec cette boisson.

Financement du gouvernement

Pour financer le projet, l’entreprise a reçu l’aide de Québec. Le gouvernement a investi 10,6 millions de dollars par l’entremise d’Investissement Québec et du programme ESSOR, pour les entreprises en croissance.

« Notre gouvernement prouve encore une fois l’importance qu’il accorde aux PME et au développement régional », a indiqué Chantal Soucy, la députée de Saint-Hyacinthe, en conférence de presse.

Jonathan Robin explique aussi que cet investissement créera des emplois à l’usine. Elle passera de 75 à 110 employés.

Le café au lait de Louis Morissette devrait se retrouver sur les tablettes « au début de l’automne prochain », souligne-t-il.