La menace d’un conflit de travail entre Bombardier et 1800 de ses travailleurs québécois s’intensifie : ceux-ci sont appelés à se prononcer sur un vote de grève dès la semaine prochaine puisque les négociations pour renouveler leur contrat de travail ne progressent pas suffisamment au goût de leur syndicat.

Mis à jour le 13 mai
Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Si le président et chef de la direction de l’avionneur Éric Martel affichait de l’optimisme au cours des derniers jours, l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), voit les choses d’un autre œil.

« L’employeur a plutôt choisi de nous soumettre une offre globale que nous refusons d’aller vous présenter puisque l’augmentation des salaires, l’impartition et l’indexation aux rentes des retraités sont toujours en litiges », est-il expliqué, dans un bulletin distribué aux membres vendredi que La Presse a pu consulter.

C’est le 17 mai que les quelque 1800 salariés des usines de Dorval et Saint-Laurent, qui assemblent notamment les jets d’affaires Challenger en plus de fabriquer des pièces comme la cabine de pilotage du Global 7500, se prononceront. Un débrayage ne serait pas automatique, précise l’AIMTA à ses membres.

Essentiellement, le syndicat souhaite obtenir « le pouvoir de faire des moyens de pression au moment jugé opportun ». La partie syndicale affirme avoir soumis une contre-proposition à Bombardier avec un échéancier fixé au 23 mai.

« Bombardier continue de négocier en toute bonne foi pour mener à bien une nouvelle convention collective », a indiqué dans une déclaration le porte-parole de l’entreprise, Mark Masluch.

L’AIMTA et l’avionneur n’ont pas voulu ajouter plus de détails. La convention collective est venue à échéance en décembre dernier.

Selon la partie syndicale, Bombardier proposait initialement un contrat de travail de trois ans qui s’accompagnait d’augmentations salariales de 2,5 % pour la première année, puis de 2,25 % pour les deux dernières.

Cette offre avait été massivement rejetée par les employés, le 24 avril dernier. L’AIMTA avait recommandé le rejet de la proposition, estimant qu’elle ne permettait pas de compenser l’augmentation du coût de la vie. L’inflation a été de 6,7 % en mars au Canada – un sommet depuis 1991.

« Le défi d’une convention collective, c’est de prédire ce que sera l’inflation au cours de la deuxième et troisième année », avait affirmé M. Martel, le 5 mai dernier, en marge de la présentation des résultats du premier trimestre, à propos des négociations.

À l’occasion d’une conférence téléphonique, il avait alors dit être « très confiant » de s’entendre avec ses salariés. Les cinq principaux dirigeants de Bombardier ont vu leur rémunération s’établir à 21 millions l’an dernier. Ils se sont partagé des primes en espèces de 7,2 millions.

Le lock-out se poursuit chez Rolls-Royce Canada

Si la grève a été évitée chez Stelia – l’un des principaux fournisseurs de l’A220 d’Airbus – le lock-out chez Rolls-Royce Canada ne semble pas sur le point de se régler. Représentés par la CSN, les 530 travailleurs spécialisés dans l’entretien de moteurs d’aéronefs ont rejeté à 94 %, plus tôt cette semaine, l’offre globale et finale de leur employeur. Le conflit de travail a éclaté le 15 mars dernier. Selon la partie syndicale, Rolls-Royce Canada demande un gel des salaires pour deux ans ainsi que la fin du régime de retraite à prestations déterminées. La convention collective est échue depuis mars 2020.

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  • 8000
    C’est le nombre d’employés de Bombardier, exclusivement recentrée sur les avions d’affaires, au Québec.
    Bombardier