Sous la férule de sa nouvelle directrice montréalaise, Sophia Bennaceur, la banque américaine Morgan Stanley a de grandes ambitions pour son centre technologique dans la métropole, qui passera de 2700 à 3000 employés dès cette année.

Publié le 20 avril
Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

C’est dans ce centre, un des plus importants du genre au monde pour Morgan Stanley, que sont notamment développés les applications, l’infonuagique, les algorithmes d’apprentissage automatique et la cybersécurité des installations du groupe financier.

Pour Mme Bennaceur, recrutée en 2016 en tant que chef des opérations pour Morgan Stanley Montréal, cette annonce qui sera rendue publique ce mercredi « montre à quel point le centre de Montréal est important pour la firme ». Les embauches toucheront à peu près tous les domaines d’activité du centre. On espère attirer les candidats en misant sur des salaires compétitifs, une flexibilité d’horaires et la culture d’entreprise.

Morgan Stanley, comme bien des employeurs après deux ans de pandémie, offre un mode de travail hybride permettant le télétravail. « Le retour au bureau, on le fait de façon très progressive », explique en entrevue Mme Bennaceur.

Nous avons amélioré nos capacités de télétravail, nous sommes maintenant totalement équipés pour avoir des équipes hybrides. Mais c’est important de souligner aussi la nécessité d’être capables de se regrouper. Deux ans de pandémie, ça amène une certaine distanciation des équipes.

Sophia Bennaceur, responsable régionale de Morgan Stanley Montréal et de Technologie Montréal

Femmes et talents

Sa nomination dans le domaine technologique où les femmes sont largement minoritaires illustre l’un des aspects de cette culture d’entreprise qu’elle souhaite promouvoir.

Nous avons une culture d’entreprise très forte, basée sur la collaboration, le développement personnel. Nous avons aussi une taille critique qui nous permet d’offrir un cheminement. On favorise énormément la mobilité interne.

Sophia Bennaceur

Recruter plusieurs centaines d’employés alors que sévit une pénurie de main-d’œuvre ne semble pas l’effrayer. Morgan Stanley, rappelle-t-elle, s’est installée à Montréal il y a 14 ans avec 160 employés et s’est impliquée dans le milieu universitaire tout en appuyant des organismes à but non lucratif. « On a recruté énormément pendant la pandémie, on a mis en place tous les moyens nécessaires pour attirer le talent […]. Nous sommes très ouverts et très impliqués dans la communauté locale. »

Titulaire d’un MBA de HEC Paris, d’une maîtrise de l’Université d’Exeter, en Angleterre, et d’un baccalauréat en finance de l’Université Paris IX Dauphine, cette native de Tunisie s’estime bien placée pour attirer des talents de l’étranger. « On est quand même très actifs sur tout ce qui est recrutement international, et on est constamment à la recherche de talents, notamment en Afrique du Nord. »