Détecter l’insuffisance rénale, créer des espaces inclusifs en milieu de travail, favoriser une médecine personnalisée à la santé des femmes, prévenir l’épuisement professionnel. Cet échantillon des 20 jeunes pousses retenues cette année par l’organisme Startup Montréal, qui les présentera ce mercredi soir à l’occasion d’un gala à la Société des arts technologiques, montre une tendance qui s’est imposée de façon flagrante depuis quelques années : privilégier l’humain plutôt que le numérique.

Publié le 13 avril
Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

« Il y a beaucoup de ce qu’on appelle la “medtech”, la technologie médicale », explique Julie Lacasse, directrice de comité à la firme montréalaise TrackTik et présidente du jury de Startup Montréal. « C’est plus axé sur l’humain, qu’on veut mettre au cœur du développement. »

Mme Lacasse note également une présence nettement plus marquante des femmes entrepreneuses, qui sont maintenant à la tête de plus de la moitié des jeunes pousses dont on a analysé la candidature cette année. « Avant, c’était à peine 20 % des femmes… J’ai lancé une entreprise il y a plusieurs années, et j’allais dans des conférences où j’étais la seule femme. »

20 000 $ pour « faire du chemin »

Les 20 « Révélations » de Startup Montréal, organisme issu de la fusion récente de Montréal Inc. et de Bonjour Startup Montréal, sont essentiellement de jeunes entreprises ayant dépassé le stade du préamorçage, qui ont déjà des revenus, des clients et un produit prêt. « On cherche beaucoup d’entreprises innovantes, pas du déjà-vu : il faut qu’elles amènent quelque chose de nouveau », précise Mme Lacasse.

Les 20 heureuses élues auront droit chacune à une bourse de 20 000 $ et l’accès au soutien du réseau de Startup Montréal, avec ses 450 mentors bénévoles. « Ça semble être une petite somme, 20 000 $, mais ça permet de faire un long chemin, d’embaucher un premier employé, d’augmenter la production, d’aller chercher un premier client dans un salon professionnel », précise la présidente du jury.

Les responsables de chaque entreprise avaient une minute pour séduire les jurés. Certaines de ces entreprises ont déjà retenu l’attention, notamment AYE3D, qui avait présenté dans La Presse en 2019 son écran 3D sans lunettes qui projette une image qui semble flotter dans les airs. Latence Tech, qui a également fait l’objet d’un article en mars 2021, analyse le réseau de communications en tout temps, établit ses performances et ses défaillances et suggère des correctifs.

D’autres profiteront d’une visibilité « qui leur permettra d’avoir un premier tour d’investissement, d’aller chercher du coaching pour continuer à développer leur entreprise, explique Mme Lacasse. Ça permet aux entrepreneurs et aux investisseurs de voir ce qui se trame en arrière-plan ».

Stages et miroir chantant

PHOTO FOURNIE PAR STARTUP MONTRÉAL

Sam Bellamy, fondatrice de Bazookka

Bazookka, fondée par Sam Bellamy, veut par exemple favoriser l’intégration d’employés ayant peu d’expérience en s’attaquant à un domaine peu exploité : la gestion des stages. En utilisant l’intelligence artificielle, on tente d’obtenir la meilleure concordance possible entre employeurs et candidats. Élance, dans la même veine, offre de la formation et de l’accompagnement en entreprise pour une meilleure diversité.

En santé, on retrouve notamment Collogh Cares, qui a mis au point un système de suivi à domicile pour détecter l’insuffisance rénale. FemTherapeutics veut apporter une « médecine de précision personnalisée à la santé des femmes » et a développé la première prothèse gynécologique personnalisée par l’impression 3D pour les troubles du plancher pelvien.

PHOTO FOURNIE PAR STARTUP MONTRÉAL

Zack Elorfi, fondateur d’Hilo Smart Mirror

Enfin, Hilo Smart Mirror, fondée par Zack Elorfi en 2019, propose un miroir au milieu duquel une tablette tactile a été intégrée, qui permet notamment la diffusion de musique, de vidéos ou la lecture de pages web et de courriels.

Voyez les 20 révélations Startup Montréal 2022