Les camions électriques comme celui construit par la Compagnie électrique Lion et Fourgons Transit ont encore besoin de subventions pour permettre aux entreprises de se les offrir, mais la générosité de ces incitatifs financiers pourrait s’estomper plus rapidement que l’on pense.

Mis à jour le 11 avril
Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Si le programme Écocamionnage, qui vient d’être reconduit par Québec, propose un rabais allant jusqu’à 150 000 $ pour ce véhicule (Lion 6) vendu environ 300 000 $, le coup de pouce ne sera pas « éternel », prévient le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.

« À partir du moment où ces véhicules vont devenir plus abordables, la subvention sera appelée à diminuer, sinon à disparaître complètement », a-t-il expliqué, lundi, en participant à la présentation du camion de livraison qui s’effectuait dans les locaux de Fourgons Transit situés à Laval, accompagné du président de l’entreprise Louis Leclair ainsi que du président et fondateur de Lion, Marc Bédard.

Le gouvernement Legault, qui dit travailler sur une norme zéro émission pour le secteur du camionnage, devrait adopter la même approche que pour les véhicules électriques, soit réduire les rabais maximaux offerts.

Consultez « Baisse des subventions aux véhicules électriques »

MM. Leclair et Bédard ne sont pas avancés sur l’éventuelle réduction du soutien financier, mais ont convenu que les coûts supplémentaires pour leur fourgon électrique s’amortissent rapidement, notamment grâce aux économies générées en carburant ainsi qu’au chapitre de l’entretien.

« Le produit est moins cher que l’équivalent au diesel », affirme le patron de Lion.

Selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), on recensait quelque 392 000 camions légers sur les routes de la province l’an dernier, en croissance de 4,3 % par rapport à 2020.

Les subventions demeurent nécessaires et fondamentales » pour accélérer le virage vers l’électrification, reconnaît le ministre Charrette, mais l’écart se rétrécit rapidement.

« On le voit avec les véhicules passagers : les coûts diminuent, les subventions diminuent », analyse-t-il.

Livraison urbaine

Conçu pour le créneau de la livraison du « dernier kilomètre » — le dernier segment de la chaîne logistique —, le camion est appelé à circuler en milieu urbain. En optant pour l’aluminium pour cette boîte de 26 pieds (8 mètres), Fourgon Transit a réduit son poids d’environ 2000 livres — environ 40 % par rapport à la version traditionnelle fabriquée en acier.

L’ajout d’un plancher composite fait de bois franc et de panneaux de contreplaqués en cèdre permet aussi de réaliser des gains à ce chapitre.

« Avant, le plancher, c’était du bois franc purement laminé, souligne M. Leclair. Là, on a ajouté des couches de fibre de verre pour conserver la même solidité tout en réduisant le poids de façon considérable. Les 2000 livres, c’est majeur pour la charge utile.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Le président de Fourgons Transit, Louis Leclair

Le coût du fourgon est cependant plus élevé de « quelques milliers de dollars », ajoute-t-il. Un fourgon standard peut osciller aux alentours de 20 000 $, affirme-t-il. L’automatisation de la fabrication devrait permettre de réduire les coûts de fabrication.

Vocations multiples

Pour Lion, cette nouvelle collaboration présente quelques similitudes avec son association avec Demers Ambulance. Le châssis de l’ambulance électrique présentée l’automne dernier avait été développé par Lion (Lion 6) tandis que l’habitacle avait été réaménagé par Demers.

L’entreprise de Saint-Jérôme estime qu’il s’agit du plus récent exemple de la « versatilité » de ses châssis. Ceux-ci sont aussi équipés, par exemple, de nacelles et peuvent servir à la collecte des ordures.

« Cela fait partie de notre stratégie, dit M. Bédard. Cela nous permet aussi d’utiliser le réseau de vente du partenaire. Les [créneaux] sur notre radar ont été annoncés jusqu’à présent. Ce que l’on voit, ce sont les livraisons. Pour l’instant, c’est tout, mais est-ce qu’il pourrait y avoir d’autres collaborations ? Ça se pourrait. »

Lion et Fourgons Transit disent avoir livré une « vingtaine » d’exemplaires du camion présenté lundi. Les véhicules sont construits à Saint-Jérôme avant d’être envoyés à Laval où s’effectue l’installation de la boîte en aluminium.

En savoir plus

  • 1978
    Année de fondation de Fourgons Transit
    fourgons transit
    15
    La durée de vie de la boîte peut s’élever jusqu’à 15 ans.
    fourgons transit