(Toronto) Rogers Communications s’attend à ce que ses revenus augmentent cette année, à mesure que les restrictions liées à la COVID-19 s’assoupliront et que l’entreprise ira de l’avant avec sa nouvelle direction.

Mis à jour le 27 janvier
La Presse Canadienne

Tony Staffieri, qui a été nommé chef de la direction permanent de Rogers le 10 janvier après une lutte de pouvoir au sein de l’entreprise, a fait valoir jeudi que l’entreprise avait du travail à faire.

« Notre performance a été inférieure à celle de nos pairs au cours des dernières années », a-t-il affirmé lors de sa première conférence téléphonique de résultats trimestriels depuis sa prise de fonction.

« Nous savons que nous pouvons faire mieux, nous continuerons donc à apporter les changements nécessaires pour améliorer nos performances. »

M. Staffieri, qui était auparavant directeur financier, est devenu grand patron après qu’Edward Rogers, président de la fiducie familiale qui contrôle Rogers Communications, a forcé des changements dans l’équipe de direction de l’entreprise contre la volonté de sa mère et de ses deux sœurs.

Outre M. Staffieri, l’entreprise a également nommé en décembre Robert Dépatie, ancien chef de la direction de Vidéotron, comme président de la nouvelle division des services résidentiels et affaires.

Aux yeux de M. Staffieri, l’entreprise dispose de réseaux, de services et d’une équipe qui lui permettraient de faire mieux. « Avec une concentration renouvelée sur l’exécution, je sais que nous pouvons réaliser notre plein potentiel en tant qu’entreprise », a-t-il souligné lors de la conférence téléphonique.

Il a ajouté que la priorité absolue de la société était de voir la fusion de Shaw Communications se concrétiser. Selon lui, si elle est approuvée par les régulateurs, elle pourrait être conclue au deuxième trimestre de cette année.

M. Staffieri a indiqué qu’il s’attendait également à ce que les revenus augmentent cette année en partie grâce à l’assouplissement des restrictions contre la COVID-19. Par exemple, les clients devraient passer à des forfaits de données plus importants et illimités, puisqu’ils passeront plus de temps à l’extérieur de leur domicile, et les matchs de baseball à domicile des Blue Jays devraient se dérouler dans un Rogers Centre rempli au maximum de sa capacité.

Pour l’exercice qui débute, Rogers a indiqué s’attendre à ce que les revenus de l’entreprise progressent de 4 % à 6 % pour atteindre 12,53 milliards, en excluant tout gain attribuable à la prise de contrôle prévue de Shaw Communications. L’entreprise n’avait pas fourni de telles prévisions l’an dernier en raison de l’incertitude entourant la COVID-19.

Profits en baisse, mais revenus en hausse

Rogers a déjà vu ses revenus augmenter grâce à l’assouplissement des restrictions, notamment au sein de sa division des médias, qui a enregistré une augmentation de 26 % au quatrième trimestre grâce au retour des publicités pendant la diffusion en direct d’évènements sportifs. Les revenus ont également été stimulés par une croissance de 6 % des revenus des services sans fil, qui ont accueilli un total net de 141 000 abonnés aux services postpayés.

La division du câble n’a enregistré aucune croissance des revenus, et M. Staffieri a indiqué qu’il s’agissait d’un élément qu’il tenterait de changer. « Nous ne sommes vraiment pas satisfaits de la performance des ajouts d’abonnés au quatrième trimestre, et nous pensons que nous pouvons faire mieux. »

Les revenus du plus récent trimestre ont atteint 3,92 milliards, grimpant de 6,5 % comparativement au chiffre d’affaires de 3,68 milliards du quatrième trimestre de l’exercice précédent.

Les profits ont cependant reculé, Rogers ayant affiché un bénéfice du quatrième trimestre de 405 millions, ou 80 cents par action, en baisse d’environ 9,8 % par rapport à celui de 449 millions, ou 89 cents par action, pour la même période un an plus tôt.

Sur une base ajustée, Rogers a réalisé un profit de 96 cents par action, en baisse par rapport à celui de 99 cents par action de la même période un an plus tôt. Les analystes s’attendaient en moyenne à un profit ajusté de 92 cents par action, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

La société a fait état de dépenses plus élevées dans ses trois principales divisions, notamment une augmentation de 66 % des dépenses d’exploitation de sa division des médias en raison du démarrage retardé des saisons de la Ligue nationale de hockey (LNH) et du basketball professionnel (NBA), ainsi que des coûts d’exploitation généraux plus élevés à mesure que la couverture sportive a repris.

Au sujet d’autres pressions économiques provoquées en partie par la pandémie, M. Staffieri a indiqué que l’inflation n’était pas encore un facteur majeur pour l’entreprise, mais que les problèmes de chaîne d’approvisionnement pour les appareils et les équipements de réseau avaient entraîné des difficultés.