(Montréal) Metro offrira de nouveau à ses employés des cartes cadeaux, une sorte de « prime de reconnaissance » en lien avec la pandémie — ce qui déçoit le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, qui aurait préféré de véritables augmentations de salaire pour ses membres.

Mis à jour le 26 janvier
Lia Lévesque La Presse Canadienne

À titre de « primes de reconnaissance pour les employés de première ligne », dans le contexte de la pandémie de COVID-19, Metro offrira une carte cadeau de 300 $ pour les employés à temps complet, échangeable dans les bannières Metro.

La carte cadeau sera de 150 $ pour ceux qui font 15 heures par semaine ou plus, en moyenne, et 75 $ pour ceux qui font moins de 15 heures par semaine.

Quelque 45 000 employés sont concernés, dans les magasins et les centres de distribution au Québec et en Ontario, a précisé le géant de l’alimentation mercredi.

Il s’agit de la quatrième prime du genre depuis le début de la pandémie, les précédentes ayant été offertes en décembre 2020, puis février et mai 2021. Elle sera versée en février.

« C’est un bonbon »

Le syndicat des TUAC, affilié à la FTQ, se dit déçu de ces primes qui sont ponctuelles et n’améliorent pas le sort de ces travailleurs à moyen ou long terme. Il aurait préféré de véritables augmentations de salaire, d’autant plus qu’on ne compte plus les postes vacants dans les supermarchés.

« Pour nous, c’est une déception. Les cartes cadeaux, c’est un bonbon qui n’a pas de portée dans le temps », a déploré Roxane Larouche, porte-parole du syndicat des TUAC, en entrevue mercredi.

« Nous, ce qu’on préfère, c’est de s’asseoir à la table de négociation, puis de négocier de meilleurs salaires, c’est ce qui va aider à l’attraction de main-d’œuvre et à la rétention de main-d’œuvre aussi », a ajouté Mme Larouche.

Le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, a justifié le fait qu’il n’augmentait pas les salaires et préférait offrir des cartes cadeaux par le fait que l’entreprise œuvre « dans un milieu très compétitif ». Il a affirmé que les employés étaient contents de les recevoir.

Il n’a pas voulu révéler le nombre de postes vacants au sein de l’entreprise, évoquant des raisons de concurrence.

Les négociateurs des TUAC, affiliés à la FTQ, doivent justement se rencontrer jeudi. Ils ont l’intention de revendiquer « des augmentations fermes » dans les conventions collectives qui arriveront bientôt à échéance en 2022 ou qui sont arrivées à échéance en 2021, précise Mme Larouche.

À l’heure actuelle, la hausse du salaire d’un employé passe par « une combinaison » de montants forfaitaires et d’augmentations de salaire. « On ne veut plus de forfaitaires, seulement des augmentations de salaire », prévient Mme Larouche.