La situation difficile liée à la chaîne d’approvisionnement semble se rétablir chez Metro alors que les employés absents en raison de la COVID-19 peuvent retourner au travail, affirme le président et chef de la direction, Eric La Flèche.

Mis à jour le 25 janvier
Stéphane Rolland La Presse Canadienne

« Avec les gens qui retournent au travail de plus en plus, ça va mieux, a-t-il dit lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires. On pense que ça va continuer d’aller mieux, mais ce n’est pas encore derrière nous. […] J’ai confiance et j’espère bien que le pire est derrière nous. »

Les absences et les isolements préventifs chez les employés de Metro, mais aussi chez les fournisseurs et les entreprises de livraison, ont mis à mal la chaîne d’approvisionnement au tournant des Fêtes. « Il ne manque pas d’alimentation dans les magasins, assure M. La Flèche. Je pense que nos clients peuvent bien se nourrir et faire une commande complète, mais il manque de la variété, il y a des trous plus que la normale. »

Le nombre de postes vacants au sein de la société québécoise, qui comprend notamment les enseignes Metro, Jean Coutu et Super C, reste plus élevé que souhaité et « plus élevé qu’on a l’habitude », affirme le dirigeant, qui n’a pas voulu préciser combien de postes sont à pourvoir.

Pour le moment, l’exigence vaccinale mise en place le 15 janvier pour les camionneurs canadiens qui veulent éviter une quarantaine de 14 jours lorsqu’ils traversent la frontière depuis les États-Unis n’a pas eu un trop grand impact sur l’épicier.

« Les prix de transport ont fortement augmenté dans la dernière année. Nous avons subi une augmentation immédiate à cause de cette exigence, mais je ne peux pas dire que ça a entraîné des problèmes de livraison importants pour nous. »

Malgré l’inflation et le manque de certains produits sur les tablettes, Metro n’a pas l’intention de mettre de côté les promotions dans la circulaire, assure le dirigeant. Il constate que la part qu’occupent les articles en promotion et les produits de marque privée dans le panier des consommateurs est en hausse. « On est très conscient qu’il y a des pressions inflationnistes, que les gens font attention, qu’ils en veulent plus pour leur argent. »

Résultats financiers

La société a dévoilé, plus tôt mardi, des résultats financiers légèrement supérieurs aux attentes des analystes et marqués par une augmentation des ventes comparables dans le segment pharmacie.

Metro rapporte que son bénéfice net s’est établi à 207,7 millions au premier trimestre 2022 (terminé le 18 décembre), en hausse de 8,6 % par rapport à celui de 191,2 millions réalisé à la période correspondante de l’exercice précédent.

Pendant la même période, le bénéfice net ajusté par action a été de 0,88 $. Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice de 0,87 $, selon la firme de données financières Refinitiv.

Chris Li, de Desjardins Marché des capitaux, estime qu’il n’y a pas d’éléments surprenants dans les résultats de l’épicier. « Les résultats opérationnels sont similaires à nos attentes tandis que l’inflation alimentaire s’accélère, que la reprise des ventes comparables est forte en pharmacie, que la marge brute est en hausse et que la société continue de contrôler ses coûts. »

Le chiffre d’affaires de Metro a été de 4,317 milliards au premier trimestre de 2022 alors qu’il s’était élevé à 4,278 milliards à la même période de 2021.

Metro précise que le chiffre d’affaires des magasins d’alimentation comparables a été en baisse de 1,4 % par rapport au trimestre correspondant de l’exercice précédent. Quant au chiffre d’affaires des pharmacies comparables, il a avancé de 7,7 %.

L’augmentation dans le secteur pharmaceutique s’explique par une hausse de 7,1 % pour les médicaments d’ordonnance en raison de l’augmentation du nombre de visites chez le médecin. Les ventes de la section commerciale, en hausse de 8,9 %, ont été soutenues par les ventes vigoureuses des produits contre la toux et le rhume. La comparaison avec l’an dernier, où l’entreprise devait composer avec un conflit de travail dans un centre de distribution à Varennes, est également favorable.

Metro prévoit qu’à court terme, son chiffre d’affaires alimentaire devrait demeurer relativement stable, alors que les fermetures dans la restauration et le télétravail persistent.

Du côté de la division pharmaceutique, Metro anticipe une croissance du chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier avec le lancement de la distribution de tests rapides de détection de la COVID-19 dans son réseau et en raison des mesures gouvernementales moins restrictives, alors que l’année 2021 avait été défavorablement touchée par une interdiction de six semaines sur la vente de produits non essentiels au Québec.