C’est en travaillant comme employé à temps partiel chez Sports Experts, où il a appris à « lacer des souliers » et à « servir des clients », que Cédric Morisset a fait ses classes dans l’industrie du plein air. Près de 25 ans plus tard, l’homme qui vient tout juste d’être nommé à titre de président de La Cordée voit grand et projette l’ouverture de nombreux magasins au cours des prochaines années.

Publié le 20 janvier
Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

Spécialiste du sport et du plein air au Québec, l’entreprise, qui s’était placée à l’abri de ses créanciers en février 2020, est devenue la propriété de Mach Capital, société de capital d’investissement privé, en août de la même année. M. Morisset entrera officiellement en poste le 31 janvier, en remplacement de Steven Poirier, président par intérim.

Le détaillant, qui compte actuellement cinq magasins, a déjà annoncé l’ouverture prochaine de deux nouveaux emplacements : l’un dans le quartier Saint-Roch à Québec, l’autre au centre-ville de Montréal. Et « ça ne s’arrêtera pas là », a confirmé Cédric Morisset, au cours d’une entrevue mercredi, au lendemain de sa nomination. « Le but de [mon arrivée à La Cordée], c’est d’aller conquérir d’autres marchés, peut-être au niveau provincial pour commencer. Il risque fort d’y avoir d’autres nouveaux magasins en 2023, 2024, 2025. Toutes les possibilités sont sur la table présentement », ajoute-t-il pour signifier que La Cordée pourrait s’étendre en dehors de la province.

Cet adepte de la course à pied, qui a notamment agi à titre de vice-président aux opérations de vente au détail chez Mountain Equipment Co-op (MEC) et qui a occupé d’importants postes chez Golf Town, Orage et Groupe Boucher Sports, sait que de nombreux défis l’attendent pour que La Cordée tire son épingle du jeu par rapport à ses concurrents, nombreux dans l’industrie du plein air.

« La Cordée au Québec, c’est une institution », dit-il. M. Morisset compare d’ailleurs les magasins de l’entreprise à « un chalet dans la montagne où on a le goût d’aller, où c’est réconfortant ».

La Cordée, c’est comme ça que je vois ça. Pour les amateurs de plein air, c’est un endroit qui est rassurant.

Cédric Morisset

« Ce qui nous distinguera, ça passera par deux choses : l’authenticité de la marque et surtout les ressources humaines. Je parle des connaissances des employés. C’est aussi un défi, reconnaît l’homme âgé de 48 ans. Si nos employés, avec les années, ont moins de connaissances, s’il y a un roulement, ça risque de s’effriter. »

Rassurer le personnel

D’ailleurs, au printemps dernier, des employés syndiqués de La Cordée, alors sans convention collective, s’étaient dits inquiets pour l’avenir de l’entreprise et reprochaient à la direction de faire peu d’efforts pour séduire et pour retenir le personnel. Ils ont finalement signé un contrat de travail au mois d’août. Seuls les employés des deux magasins de la métropole, 70 au total, sont syndiqués.

Dans son calepin de notes, Cédric Morisset a déjà inscrit qu’il devait aller à la rencontre de son personnel. « Je suis une personne qui est très, très proche de ses ressources humaines. »

Et des ressources, il devra en déployer à la porte de quatre de ses cinq magasins à partir de lundi, moment où les commerces de plus 1500 mètres carrés devront exiger que leurs clients présentent un passeport vaccinal. « C’est un secret de Polichinelle : il y a une pénurie de ressources humaines, rappelle-t-il. On devra prendre une ressource et la mettre à la porte pour scanner les passeports. C’est une ressource de moins que je n’aurai pas pour servir M. Gendron ou Mme Bergeron. On espère que ça sera une mesure temporaire. »

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