Avec les premiers vrais froids de la saison, la demande d’électricité a dépassé mardi matin le record de tous les temps enregistré par Hydro-Québec il y a huit ans.

Mis à jour le 11 janvier
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

« Tous les leviers de gestion de la demande de pointe qu’on a sont mis à contribution », a indiqué le porte-parole de la société d’État, Cendrix Bouchard.

Hydro-Québec a enregistré une demande de 39 833 mégawatts à 8 h mardi matin. C’est un record historique, qui surpasse le seuil des 39 031 MW enregistrés le 22 janvier 2014.

Le confinement et le télétravail n’ont pas vraiment réduit la demande de pointe hivernale, selon le porte-parole d’Hydro-Québec. « Même à la maison, les gens ont conservé leur routine, précise-t-il. La pointe est aussi prononcée [qu’avant la pandémie], mais ce qui a changé, c’est qu’elle est plus longue, elle s’étire un peu dans le temps. »

L’an dernier à pareille date, alors que les entreprises et la plupart des commerces étaient paralysés, la pointe avait atteint 36 677 MW le 1er février 2021.

Hydro-Québec dispose de nouveaux outils pour gérer la pointe de près de 39 000 MW attendue ce mardi. La tarification dynamique, à laquelle souscrivent 160 000 clients cette année, et la filiale Hilo, dont le nombre de clients est gardé confidentiel, mais qui seraient « plusieurs milliers », contribueront à réduire la pression sur le réseau d’électricité.

Les serres et les opérations de cryptomonnaies sont aussi mises à contribution, parce que leur contrat prévoit l’interruption de leur alimentation en électricité pendant quelques heures par année entre décembre et mars.

Ces nouveaux moyens de gestion de la pointe s’ajoutent aux programmes existants pour les grandes entreprises et les édifices commerciaux qui s’engagent de façon volontaire à diminuer leurs besoins en échange d’une compensation financière.

Chauffe-eau et voiture électrique

Hydro-Québec développe actuellement d’autres outils de gestion de la demande de pointe. Sa filiale Hilo ajoutera plus tard cette année les chauffe-eau à sa gamme d’appareils connectés dont la consommation peut être réduite automatiquement lors des épisodes de forte demande.

Viendra ensuite la recharge des voitures électriques, qui pourra être modulée par Hilo en fonction des besoins du réseau d’Hydro-Québec.

La contribution d’Hilo à la gestion de la pointe devrait fortement augmenter au cours des prochaines années, prévoit Hydro, passant des 28 MW attendus cette année à 621 MW en 2028-2029.

Cet hiver, en additionnant ces différents moyens, la société d’État peut compter sur 1581 MW d’effacement de la consommation de pointe.

Appel à la consommation responsable

C’est toutefois insuffisant. Des achats d’électricité sur les marchés voisins sont au programme pendant certaines heures durant les journées de froid intense. Cet hiver, Hydro-Québec a prévu des importations pouvant atteindre 900 MW. La société d’État peut toutefois continuer à exporter sur le marché spot à certaines heures, a indiqué Cendrix Bouchard, même quand la demande au Québec est très élevée.

Par exemple, le 3 janvier dernier, alors que le froid poussait la demande québécoise à 34 688 MW, les exportations nettes ont atteint près de 4000 MW.

Comme elle le fait toujours dans ces occasions, Hydro-Québec a lancé lundi un appel à tous pour réduire la consommation d’électricité au cours des prochaines heures.

« De petits gestes simples aident, comme baisser le chauffage de 1 ou 2 ℃, reporter l’utilisation des gros électroménagers, repousser la recharge de son véhicule électrique et diminuer d’une minute la durée des douches », dit le message diffusé sur les réseaux sociaux.