(Saint-Jérôme) Même si des problèmes d’approvisionnement freinent la cadence de ses livraisons, la Compagnie électrique Lion garde le cap sur sa cible de production aux États-Unis alors qu’elle a officiellement pris possession de l’usine qui abritera sa chaîne de production au sud de la frontière.

Mis à jour le 10 janvier
Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Le constructeur de camions et autobus électriques établi à Saint-Jérôme a également ajouté deux membres à son équipe de direction - dont celui qui dirigera l’usine américaine - dans le cadre d’une année où elle doit ambitionne également d’accroître son empreinte au Québec.

« C’était un site qui était déjà en construction, a souligné le porte-parole de la compagnie, Patrick Gervais, en faisant référence à l’échéancier. Nous avions changé la vocation pour en faire une usine de production de véhicules électriques. Ça accélère le processus. »

Selon la compagnie fondée en 2008, les premiers véhicules de son usine de Joliet, située en banlieue de Chicago, « sortiront de la ligne de production » pendant la deuxième moitié de l’année.

L’entreprise n’a toutefois pas offert davantage de précisions.

Quelque 20 000 véhicules électriques pourraient être assemblés annuellement à l’usine de Joliet, selon la compagnie. Lion doit toutefois encore réaliser des « travaux d’amélioration locative » avant d’installer ses équipements, ce qui s’effectuera au cours des prochains mois.

À l’instar de plusieurs entreprises, Lion n’a pas échappé aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Si le constructeur de camions et d’autobus électriques avait garni ses stocks du côté des batteries, il avait néanmoins eu de la difficulté à obtenir des pièces comme des modules métalliques, des composants en plastique et des faisceaux de câbles.

Résultat : la compagnie avait éprouvé des difficultés à terminer et à livrer des véhicules au troisième trimestre terminé le 30 septembre.

« On a été pris un peu de court », avait convenu son président et fondateur Marc Bédard, en entrevue téléphonique avec La Presse, le 11 novembre dernier, dans la foulée de la diffusion des résultats. Je ne sais pas jusqu’à quel point cela va aller en 2022, mais au quatrième trimestre, cela aura certainement un impact. »

Chez Lion, Richard Coulombe, un vétéran du secteur du matériel roulant qui a œuvré chez Bombardier Transport et Alstom, sera responsable de la gestion des projets de Lion. Eric Pansegrau, qui était vice-président des opérations de la division Wheel End chez Accuride, sera aux commandes de l’usine de Joliet.

Parallèlement, Lion se penche sur sa future usine de fabrication de batteries et de son centre d’innovation à Mirabel, un projet pour lequel elle a obtenu un appui financier totalisant 100 millions de Québec et Ottawa. La société espère que les premières batteries sortiront d’ici la fin de l’année.

Jonathan Lamers, de BMO Marchés des capitaux, estimait, le mois dernier, que les problèmes d’approvisionnement se reflétaient déjà dans le cours de l’action de Lion.

« Lion progresse avec des initiatives clés […] et demeure le principal acteur dans le domaine des autobus (scolaires) et des camions entièrement électriques », soulignait l’analyste, dans une note.

Lundi, à la Bourse de Toronto, l’action de Lion, qui se négocie également à la Bourse de New York, retraitait de 3,75 %, ou 46 cents, pour se négocier à 11,81 $. Le titre avait atteint un sommet de 24,67 sur le parquet de Bay Street en juin dernier.