Une demande d’action collective vient d’être déposée contre Croisières AML afin d’obtenir le remboursement de frais illégaux de réservation et de service payés par des vacanciers.

Publié le 3 déc. 2021
Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Depuis des années, arguent les demandeurs, le croisiériste québécois facture à ses clients des prix plus élevés que ceux annoncés. Cela contrevient à un article de la Loi sur la protection du consommateur en vigueur depuis 2010.

Encore le 28 novembre dernier, le site www.croisieresaml.com offrait un forfait « Souper-croisière de Noël au large » pour 114,99 $ par personne. Toutefois, au moment de la transaction, le total de la facture s’est élevé pour deux billets non pas à 229,98 $, mais à 292,14 $ (incluant les taxes).

Car en plus du prix par billet de 114,99 $, des frais de réservation de 2 $ ont été appliqués ainsi que des frais de pourboire de 10,06 $.

Ces frais n’ont été ajoutés qu’au moment de passer à la caisse, lorsqu’il était temps de percevoir les renseignements personnels et bancaires du demandeur, détaille la demande d’action collective présentée par le cabinet Lambert Avocat.

« Croisières AML dit vendre ses forfaits à plus de 600 000 passagers par année, explique au téléphone l’avocat Jimmy Ernst Jr Lambert. Donc, seulement pour les frais de réservation, ça représente 1,2 million de dollars par année en frais illégaux. Imaginez sur 10 ans. L’entreprise s’est mis plus de 10 millions dans ses poches. »

Croisières AML offre des services de croisières-excursions (croisières guidées, soupers-croisières, croisières-brunchs, croisières d’un jour) dans différentes villes de la province de Québec. Croisières AML fait aussi affaire sous les noms de Croisières du port de Montréal et Croisières Navimex et exploite le navire Louis Jolliet.

La demande vise aussi une entreprise à numéro qui exploite le navire AML Cavalier Maxim ainsi que Les investissements Navimex (www.dufour.ca), qui fait affaire sous les noms de Croisières Dufour et Croisières Navimex en plus d’exploiter différents navires : AML Suroît, AML Zéphir, AML Levant, AML Marsouin, Tadoussac III, Cavalier des mers, Cavalier Royal et Grand Fleuve.

Les frais de réservation ajoutés par les croisiéristes sont de 2 $ plus les taxes par personne pour une transaction en ligne et de 4 $ plus les taxes par personne pour une transaction au téléphone. Les frais de pourboire ajoutés lors du paiement représentent parfois 8,74 % du prix du billet, parfois 9,9 %.

Achat depuis juin 2018

La demande d’action collective a été faite pour tous les consommateurs qui ont payé un prix supérieur à celui qui était annoncé pour une croisière offerte par Croisières AML inc. depuis le 12 juin 2018.

La prescription permet seulement de retourner trois ans en arrière. Toutefois, à cause de la COVID-19, une suspension additionnelle de 170 jours a été accordée.

« Les consommateurs qui se sentent floués se disent que pendant 10 ans, l’entreprise a fait des profits et empoché de l’argent, mais qu’on ne peut retourner que 3 ans en arrière. Et c’est là que ça devient rentable pour les entreprises de violer la loi, parce qu’elles se disent : “Si je ne me fais pas prendre, c’est de l’argent dans mes poches, et si je me faire prendre, au pire, je retourne trois ans en arrière” », affirme l’avocat Jimmy Ernst Jr Lambert.

Si la demande d’action collective est acceptée, les clients qui ont payé par internet seront remboursés directement sur leur carte de crédit. Les autres pourront recevoir une lettre et réclamer les frais.

« Si l’entreprise a un système informatique qui permet de prendre les paiements par carte de crédit, son système permet aussi de rembourser », conclut l’avocat.

Consultez la page du recours collectif