(Glasgow) Rio Tinto n’a pas annoncé mercredi les investissements attendus depuis longtemps au Québec, mais cherche une façon de les faire aboutir.

Mis à jour le 3 nov. 2021
Patrice Bergeron La Presse Canadienne

C’est ce qu’a laissé entendre le président du géant de l’aluminium et des métaux, Jakob Stausholm, lors d’une rencontre avec le premier ministre François Legault mercredi à la COP26, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, à Glasgow, en Écosse.

« On doit trouver des moyens d’investir au Saguenay », a-t-il indiqué en réponse à une question de La Presse Canadienne, au début de l’entretien privé avec le premier ministre.

C’est en effet au Saguenay–Lac-Saint-Jean que se trouve la majorité des installations de l’entreprise au Québec.

Les travailleurs et le milieu économique et politique de cette région sont mobilisés depuis longtemps pour obtenir des investissements afin de moderniser les installations vieillissantes dont les autorisations environnementales se terminent en 2025.

L’opposition péquiste, qui réclame depuis longtemps des engagements fermes de Rio Tinto, a tenu à réagir.

Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, dont la circonscription comprend des installations de Rio Tinto, prend part lui aussi à la COP.

« Je viens d’arriver à la COP26 et il s’agit du moment tout désigné pour faire valoir à la fois le’label vert’de l’aluminium du Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’enjeu de transition juste pour les travailleurs de Rio Tinto de la région, a-t-il dit.

« Ce ne sont pas aux travailleurs de faire les frais de la transition écologique et il faut que le gouvernement soit au rendez-vous pour que la compagnie investisse bientôt. »

L’enjeu ne concerne pas seulement le maintien des emplois et la vitalité économique, mais aussi l’environnement. Car les usines de Rio Tinto figurent parmi les plus polluantes au Québec, donc le gouvernement a tout intérêt à ce que les installations soient modernisées afin d’atteindre les cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) qu’il s’est fixées.

Si toutefois les usines sont modernisées pour recourir à des procédés moins polluants, comme l’aluminium sans carbone, il ne serait plus nécessaire d’employer autant de travailleurs.

Selon une source politique proche du dossier, il faudrait notamment que l’avenir de l’usine pilote AP60 soit confirmé et que l’usine devienne permanente. Mais également, la région compte sur la construction de l’usine de fabrication d’électrodes Elysis, pour le procédé d’aluminium sans carbone.

Cependant, cela ne suffirait pas pour maintenir le bassin actuel d’emplois dans la région.

M. Stausholm a vanté les installations de son groupe au Saguenay–Lac-Saint-Jean, des « installations énormes », selon ses mots.

« Nous sommes gagnants au Québec », a-t-il assuré, laissant entendre que l’entreprise tire beaucoup d’avantages à demeurer au Québec.

La fabrication d’aluminium requiert énormément d’électricité et Rio Tinto peut même compter sur ses propres barrages, qui n’ont pas été nationalisés par Hydro-Québec.