(Pékin) Les actions de la filiale véhicules électriques d’Evergrande, le promoteur immobilier chinois en grande difficulté, étaient en forte baisse lundi, après l’annulation d’un projet de nouvelle introduction en Bourse.

Agence France-Presse

Les actions d’Evergrande New Energy Vehicle perdaient plus de 10 % à la Bourse de Hong Kong, tombant à 1,95 HKD, après que l’entreprise a annoncé dimanche qu’elle renonçait à s’introduire à la Bourse de Shanghai.

Le promoteur immobilier géant croule sous une dette de 260 milliards d’euros et a averti mi-septembre qu’il pourrait ne pas être en mesure d’honorer ses engagements. La peur d’une faillite de ce colosse chinois a déstabilisé la semaine dernière les marchés financiers mondiaux.

Dans un communiqué diffusé dimanche, Evergrande NEV a expliqué que les problèmes de trésorerie de sa maison-mère allaient avoir « un impact matériel néfaste » sur ses projets de production à grande échelle de voitures électriques.

Evergrande NEV a reconnu que « rien ne garantit que le groupe sera en mesure d’honorer ses engagements financiers ».

La filiale, qui rêvait de concurrencer les véhicules électriques de l’américain Tesla, très populaires en Chine, a déjà perdu 80 % de sa valeur en Bourse depuis le début de l’année.

Le conglomérat a pour sa part quelque peu rassuré les marchés la semaine dernière en annonçant un accord de dernière minute avec des porteurs d’obligations chinoises. Mais Evergrande devait aussi verser des intérêts sur un emprunt en dollars, une échéance qui est passée jeudi sans que le groupe annonce s’il avait ou non procédé au paiement.

Une autre échéance tombe mercredi : le versement de 47,5 millions de dollars d’intérêts sur un autre emprunt international en dollars.  

L’État chinois n’a toujours pas fait savoir s’il comptait voler ou non au secours du géant privé. Des experts supposent que Pékin pourrait infliger à Evergrande une restructuration similaire à celles subies ces dernières années par les conglomérats Anbang (assurance) ou HNA (transport aérien).

Le Financial Times a rapporté lundi qu’au moins deux collectivités locales chinoises avaient saisi les recettes perçues par Evergrande pour la construction de logements, afin de s’assurer que le promoteur achève les biens en question.

Des acquéreurs ont manifesté la semaine dernière devant des bureaux d’Evergrande dans plusieurs régions du pays afin d’exiger l’achèvement des travaux ou bien un remboursement des sommes déjà versées.