(Montréal) Les 200 travailleurs et travailleuses de Sucre Lantic ont voté samedi matin à 98 % pour un mandat de grève générale illimitée, lors d’une assemblée générale qui s’est tenue à Montréal.

Daphné Lacasse La Presse Canadienne

Après 21 séances de négociation, et devant la volonté de leur employeur de recourir à la sous-traitance, les employés de l’unique usine de raffinage de sucre au Québec sont prêts à augmenter la pression, selon un communiqué.

« Depuis plusieurs années, le recours à la sous-traitance s’est accentué de façon notable à l’usine. Alors qu’on était censé, cette semaine, discuter sérieusement de cet aspect, qui est le principal enjeu à la table de négociation, l’employeur nous est plutôt revenu en proposant le statu quo. Ça ne passe tout simplement pas », précise Benoît Desrosiers, président du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Sucre Lantic-CSN.

Les travailleuses et travailleurs prévoient déclencher la grève au moment jugé opportun. Cela dit, trois journées de négociations sont prévues la semaine prochaine.

Les discussions portant sur les aspects monétaires n’ont pas encore commencé. Le recours à la sous-traitance est l’enjeu qui a amené les travailleurs et travailleuses à voter en faveur de ce mandat de grève selon la secrétaire générale de la Fédération du commerce de la CSN, Nancy Mathieu.

Le syndicat dénonce aussi que certains types d’emplois vacants ne sont pas remplacés par un travailleur ou une travailleuse de l’usine, mais délégués à la sous-traitance.

« Encore une fois, on se fait gruger sur nos droits et nos emplois conventionnés […] on veut garder nos emplois, ils sont bien rémunérés », souligne Mme Mathieu en entrevue à La Presse Canadienne.

L’un des enjeux également soulevés avec le recours à la sous-traitance concerne certains désagréments liés à la formation en santé et en sécurité. Selon Mme Mathieu, cet enjeu influence les conditions de travail des travailleurs et travailleuses de l’usine, de même que le manque d’expertise, de connaissances et de formation de certaines personnes embauchées en sous-traitance.

« Il y a toujours un enjeu de santé et sécurité évidemment, parce que ce n’est pas toujours les mêmes qui reviennent », déclare Mme Mathieu.

Sucre Lantic est l’un des plus gros raffineurs de sucre au Canada. L’entreprise possède trois usines situées à Vancouver, à Taber en Alberta et à Montréal. Dans le communiqué de presse syndical, Mme Mathieu avait prédit qu’une grève générale illimitée freinerait considérablement le rythme de production. Selon Mme Mathieu, les autres usines ne suffiront pas à pallier la fermeture de l’usine de Montréal. « Sucre Lantic produit non seulement du sucre destiné aux consommateurs par les marchés d’alimentation, mais elle fournit aussi des producteurs tels Heinz ou Barry Callebaut, qui fournit une grande proportion du chocolat en Amérique du Nord. Cette grève pourrait avoir d’importants impacts dans de nombreux secteurs ».

La convention collective est échue depuis mai 2021.

La Presse Canadienne n’a pu joindre la direction de Sucre Lantic pour obtenir ses commentaires.