Près de sept ans après la mise en place d’un plan de transformation visant à moderniser la Banque Laurentienne pour qu’elle soit notamment reconnue pour ses services transactionnels numériques, l’institution financière montréalaise n’a toujours pas d’application mobile. Cette situation un peu contraignante en période de pandémie est sur le point d’être corrigée d’ici trois mois.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

« On espère présenter notre application mobile bancaire avant la fin de l’année », a dit mercredi la PDG de la Laurentienne, Rania Llewellyn, en marge de la présentation des résultats trimestriels de la banque.

À son lancement, l’application offrira un certain nombre de fonctionnalités qui seront bonifiées durant la prochaine année.

Rania Llewellyn croit et souhaite que cette application permettra d’attirer de nouveaux clients. L’application est « essentielle » pour alimenter la croissance des dépôts de particuliers, conserver ceux des clients actuels, et créer des occasions pour d’autres produits offerts par la banque, a-t-elle indiqué.

Rendre les cartes de débit accessibles par simple pression du doigt est un autre point sur lequel l’organisation travaille dans l’objectif d’améliorer l’expérience client qui, de l’avis même de la PDG, demeure « complexe » à la Laurentienne.

Transformation et croissance

Rania Llewellyn est aux commandes de la banque depuis l’automne dernier. Elle n’a pas encore révélé son plan stratégique, mais devrait le présenter presque au moment où l’application mobile sera lancée. Une journée pour les investisseurs visant à faire le point sur les orientations stratégiques que Rania Llewellyn entend donner à la Laurentienne est prévue au tout début de la prochaine année.

Son prédécesseur, François Desjardins, avait lancé au début 2016 un plan de transformation et de croissance devant permettre à la banque de miser sur le conseil financier et les services numériques. Pour justifier ce plan qui a fait passer le nombre de succursales de 150 à une soixantaine, François Desjardins faisait remarquer à l’époque que les besoins et les habitudes transactionnelles des clients changeaient.

Rania Llewellyn croit qu’il y aura de la croissance à la banque en 2022, mais que la véritable croissance viendra dans les années suivantes lorsque les conditions économiques retrouveront leur niveau prépandémie.

« Compte tenu du contexte macroéconomique – notamment le variant Delta et les perturbations aux chaînes d’approvisionnement –, l’année 2022 sera une année de mobilisation et d’exécution », dit-elle.

« Le plus gros vent de face se fera sentir sur nos activités de financement sur stocks. Il s’agit d’activités où nos marges sont élevées et nous sommes à la merci du retour à la normale des chaînes d’approvisionnement. »

Durant les mois de mai, juin et juillet, le financement sur stocks a été touché par les perturbations continues de la chaîne d’approvisionnement et la forte demande des consommateurs pour les véhicules récréatifs, ce qui a entraîné le plus faible taux d’utilisation du crédit par les concessionnaires jamais enregistré, soit 28 %, souligne la PDG.

Nous prévoyons que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et la forte demande des consommateurs constitueront des défis pour la majeure partie de 2022.

Rania Llewellyn, PDG de la Banque Laurentienne

La performance financière réalisée par la Laurentienne durant les mois de mai, juin et juillet surpasse les attentes de Bay Street. Le bénéfice par action ajusté de 1,25 $ est en hausse de 22 % sur un an et est largement supérieur au consensus des experts, qui était de 1,08 $.

Ce résultat est notamment attribuable aux revenus plus élevés qu’anticipé générés par le secteur Marchés des capitaux ainsi qu’à une diminution substantiellement plus grande que prévu des provisions pour pertes sur créances.

Après avoir sondé ses employés dans les derniers mois pour établir les plans pour le travail de l’avenir, la direction de la Laurentienne dit avoir réalisé qu’une stratégie unique pour tous n’est pas réaliste. « Nous devons nous adapter aux nouvelles méthodes de travail », dit Rania Llewellyn.

« C’est pourquoi nous allons adopter un modèle hybride où le travail à domicile est l’approche privilégiée pour toutes les tâches qui peuvent être effectuées à distance. »

La banque ne planifie pas de retour massif dans les locaux du siège social et des bureaux de l’entreprise avant janvier 2022 au plus tôt.

L’action de la Laurentienne a gagné 1,6 % mercredi, pour clôturer à 43,15 $ à Toronto.