Dans un contexte de faibles taux d’intérêt avec des indices boursiers à des sommets historiques, le géant mondial des obligations Pimco prend de l’expansion à Montréal pour répondre aux besoins des investisseurs.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

« La demande est là. Le travail est là », dit Patrice Denis, vice-président exécutif et responsable du volet institutionnel au pays chez Pimco.

« La population est vieillissante. Les gens ont besoin d’actifs sécuritaires dans leurs portefeuilles pour différentes raisons. Ils peuvent être à la retraite ou près de la retraite, par exemple. Les obligations ont encore une place. Il faut juste s’y prendre différemment aujourd’hui. Si vous n’aimez pas les obligations traditionnelles gouvernementales, il y a d’autres possibilités. »

L’effectif de Pimco dans la métropole passe de 2 à 6 employés et la direction anticipe qu’il augmentera à 10 d’ici un an. Les nouveaux employés vont tous s’occuper de la clientèle de détail à travers la province.

La clientèle de détail est notamment composée de familles fortunées, mais surtout des courtiers associés au réseau bancaire qui, eux, ont des clients. « Notre effort est surtout concentré autour des courtiers associés aux grandes maisons de distribution », dit celui qui était le seul employé de Pimco au Québec il y a 10 ans.

Notre présence au Québec en est une de gestion des relations clients. Ce n’est pas ici qu’on gère les portefeuilles.

Patrice Denis, vice-président exécutif et responsable du volet institutionnel au pays chez Pimco

La croissance de Pimco au Canada est intéressante depuis 10 ans : l’actif sous gestion est passé de 7 milliards à 56,8 milliards cet été. L’organisation compte aujourd’hui une cinquantaine d’employés au pays, la majorité à Toronto.

« La croissance amène une plus grande demande de services », soutient Patrice Denis.

« Les gens regardent leur portefeuille obligataire et ont de la misère à être très excités par ce qui se passe sur les marchés, dit-il. Les gens se sont tournés vers Pimco pour tirer avantage d’un éventail plus large de stratégies, que ce soit au niveau des marchés mondiaux [obligations gouvernementales et corporatives à l’international] et placements alternatifs [Pimco agit comme prêteur dans des projets immobiliers commerciaux notamment], une source de croissance importante pour nous. »

Avant la crise financière, les gens se tournaient beaucoup vers les obligations gouvernementales provinciales canadiennes puisque les taux étaient plus élevés, donc plus « adéquats », ce qui répondait aux objectifs de protection et de revenus des clients tout en offrant une belle diversification par rapport aux actions, explique Patrice Denis. « Aujourd’hui, c’est plus difficile, alors il faut travailler plus fort pour ajuster notre offre en conséquence. »

Fonds de revenu mensuel

Les fonds de Pimco entrent en concurrence directe avec les fonds d’obligations des grandes institutions financières du pays. Le produit vedette de Pimco au pays est son fonds de revenu mensuel.

« C’est le fonds avec lequel on a vu le plus de croissance dans notre clientèle détail. On ouvre les marchés publics mondiaux pour tenter de générer des rendements stables et plus intéressants que ce qu’on pourrait aller chercher au Canada », dit Patrice Denis.

« L’idée est de prendre les meilleures idées de Pimco à travers la planète et de les assembler afin de viser un revenu stable de 4 % à 5 % [avant frais] année après année alors qu’on est actuellement dans un environnement où les obligations traditionnelles génèrent moins de rendement. »

Fondée en 1971 par Bill Gross, Bill Podlich et Jim Muzzy, Pimco est l’un des plus importants acteurs obligataires au monde, sinon le plus gros. Son actif sous gestion s’élève à 2200 milliards US à l’échelle de la planète.