Le transporteur aérien québécois se porte acquéreur d’un quatrième avion

Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

La première année du transporteur aérien québécois OWG s’est résumée à des vols pendant seulement quelques semaines en raison de la pandémie de COVID-19. Si ses avions sont toujours cloués au sol, cela n’empêche pas la compagnie d’ajouter un quatrième appareil à sa flotte – un Boeing 737-800 – et d’avoir de nouvelles destinations dans le Sud et aux États-Unis dans sa ligne de mire.

« Notre horizon, c’est sur le long terme, explique Marco Prud’Homme, président de Nolinor Aviation, société mère d’OWG. On sent qu’il y a une course dans l’industrie pour reprendre les vols. Nous ne sommes pas ici pour faire une course. »

L’annonce qui sera faite par l’entreprise ce jeudi constitue un investissement d’environ 20 millions pour Nolinor, établie depuis plus de 25 ans et spécialisée notamment dans les vols vers le Grand Nord. L’agrandissement de la flotte devrait se traduire par la création d’une vingtaine d’emplois. Dans l’ensemble, Nolinor compte actuellement quelque 200 salariés.

Si tout se déroule comme prévu, le 737-800 usagé devrait être mis en service en 2022 après avoir été peint à l’image d’OWG, avoir subi certaines modifications ainsi qu’une mise à niveau des moteurs. L’appareil se trouve actuellement en Arizona et devrait se poser à Mirabel, où se trouvent les installations d’OWG, dans « quelques semaines », selon M. Prud’Homme.

En juillet dernier, OWG avait annoncé une entente avec Caribe Sol, spécialiste des forfaits pour Cuba, afin d’offrir, de Montréal–Trudeau et de Toronto, des liaisons vers Varadero, Cayo Coco, Holguín et Santa Clara.

Pendant quelques semaines l’hiver dernier, avant qu’Ottawa ne demande aux compagnies de cesser d’offrir des vols vers les destinations soleil en raison de la crise sanitaire, OWG avait exploité deux de ses trois 737-400, qui peuvent accueillir 156 passagers chacun.

« Une expérience de vol différente »

Le nouvel avion du transporteur lui permettra d’accueillir jusqu’à 189 voyageurs et pourra parcourir de plus longues distances (5765 km). Cela devrait aider OWG à aller de l’avant avec l’élargissement de son service. La filiale de Nolinor a obtenu, auprès de l’Office des transports du Canada, une licence pour exploiter des vols vers le Mexique, la République dominicaine ainsi que la Jamaïque.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Marco Prud’Homme

Avec le 737-400, nous étions limités pour certaines destinations de notre plan de match. Le 737-800, de toute évidence, nous aidera à aller au Mexique.

Marco Prud’Homme, président de Nolinor Aviation

Le grand patron d’OWG n’a pas voulu donner plus de détails sur les destinations qui seront offertes dans ces nouveaux marchés. Il envisage néanmoins des partenariats à l’instar de celui intervenu avec Caribe Sol. Pour le moment, a expliqué M. Prud’Homme, l’entreprise s’affaire à préparer la reprise de ses activités. Si le variant Delta ne vient pas jouer les trouble-fêtes, les vols vers Cuba devraient reprendre à compter d’octobre.

Certains observateurs dans le secteur aérien ont déjà exprimé des doutes sur le potentiel d’OWG dans le créneau des destinations soleil – lequel affiche une reprise plus vigoureuse – où des acteurs comme Air Canada, Transat A. T., Sunwing et WestJet sont déjà bien établis.

« Nous ne sommes pas là pour conquérir le marché, rappelle le dirigeant d’OWG. L’objectif est d’offrir une expérience de vol différente. Les vols les plus agréables, ce ne sont pas nécessairement ceux avec le plus récent système de divertissement dans l’avion. C’est là où il y a plus d’interaction avec l’équipage. C’est ce qui fait la différence d’OWG. »