Le gouvernement Legault a donné le feu vert à l’attribution d’un contrat de gré à gré à Bell Textron Canada pour l’achat de deux hélicoptères

Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Airbus demande une chance d’obtenir le contrat de vente de deux hélicoptères au ministère des Transports (MTQ). La multinationale veut convaincre le gouvernement Legault de réexaminer sa décision d’autoriser l’attribution d’un contrat de gré à gré à son rival Bell Textron Canada.

Le géant européen a récemment modifié son inscription au Registre des lobbyistes afin d’effectuer des démarches auprès des autorités gouvernementales et de « s’assurer que ce contrat soit octroyé par le processus usuel d’appel d’offres » afin d’avoir l’occasion de « déposer une soumission ».

Étant donné la forte présence d’Airbus au Québec et au Canada, ainsi que sa grande contribution à l’économie, nous sommes surpris par cette décision.

Airbus, dans une déclaration envoyée par courriel

Aucun autre détail n’a été fourni par l’entreprise sur les mesures qui pourraient être mises de l’avant pour « contester cette attribution directe de contrat ».

En raison de ses « capacités opérationnelles limitées et de la désuétude grandissante » de sa flotte héliportée, le MTQ, gestionnaire du Service aérien gouvernemental (SAG), avait obtenu l’autorisation de conclure un contrat avec Bell pour l’achat de deux hélicoptères construits dans les installations de l’entreprise américaine situées à Mirabel, dans les Laurentides. Les informations figuraient dans un décret gouvernemental daté du 19 mai dernier.

Une utilisation balisée

Les deux hélicoptères en question doivent exclusivement être utilisés par la Sûreté du Québec (SQ) afin de réaliser des opérations policières ainsi que des missions de sauvetage. Le prix du contrat n’avait pas été précisé et les négociations semblent toujours en cours.

« Nous sommes en discussion en ce qui a trait à la configuration des appareils », a souligné la porte-parole de Bell, Patricia Bergeron, au cours d’un entretien téléphonique, à propos de l’état du dossier en cours avec le MTQ.

Celle-ci n’a pas commenté les démarches d’Airbus. Par courriel, le Ministère a été avare de commentaires, se limitant à dire qu’aucune entente n’avait encore été conclue.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Des travailleurs de l’usine de Bell Helicopter, à Mirabel

Actionnaire majoritaire de l’A220, Airbus assemble l’ex-C Series de Bombardier à Mirabel, mais ses activités entourant les hélicoptères ont peu de retombées au Québec. Du côté de l’Ontario, elles génèrent environ 250 emplois à Fort Erie, où s’effectue notamment la production de certaines pièces. Les hélicoptères d’Airbus ne sont pas assemblés au Canada.

Québec avait aussi opté pour une entente de gré à gré en 2020 afin d’acquérir un hélicoptère Airbus H-145 usagé pour environ 13 millions. L’appareil devait remplacer un Bell 206 de la SQ qui s’était écrasé en janvier 2020 dans le cadre d’une opération de recherche visant à retrouver des motoneigistes disparus au Lac-Saint-Jean.

Avant l’achat du H145, la flotte du SAG comprenait deux hélicoptères construits par Bell : un 206B ainsi qu’un 412EP.