(Montréal) Les revenus publicitaires radiophoniques sont de retour. Les stations radio de Stingray s’approchent de plus en plus du moment où elles auront récupéré les revenus perdus durant la pandémie, croit Eric Boyko, le président, cofondateur et chef de la direction de l’entreprise montréalaise.

Stéphane Rolland La Presse Canadienne

Les revenus des activités radiophoniques, qui comprennent une centaine de stations dans sept provinces canadiennes, ont augmenté de 78,8 % à 29,2 millions, au premier trimestre de l’exercice 2022, clos le 30 juin. « Ce sont d’excellents résultats », s’enthousiasme le dirigeant en entrevue.

La pandémie a lourdement affecté les revenus publicitaires radiophoniques tandis que plusieurs annonceurs locaux ont été contraints de suspendre leurs activités promotionnelles. Les stations en Ontario ont particulièrement été touchées, précise le cofondateur.

Au cours de la période de trois mois terminée à la fin juin, les revenus étaient toujours 32 % sous le seuil d’il y a deux ans. L’entreprise montréalaise veut récupérer l’entièreté des revenus que généraient ses stations il y a deux ans. M. Boyko affirme que dans les semaines récentes, l’écart s’approche des 15 %. « De semaine en semaine, on s’approche du retour à la normale. »

Le segment de la musique commerciale, diffusée dans les commerces, profite aussi d’une reprise, assure le PDG. Les revenus affichés de ce segment sont toujours en recul, soit de 1 % à 35,6 millions.

Cette baisse ne tient toutefois pas compte de la reprise en raison des crédits accordés aux commerces fermés pendant la crise. « On ne peut pas faire jouer de la musique dans des commerces fermés alors on leur a fait des crédits, explique-t-il. Si on enlève les crédits, la croissance aurait été de 5 %. À plus long terme, ce segment devrait afficher une croissance interne de 10 %. »

Résultats inférieurs aux attentes

La reprise du secteur radiophonique a profité à Stingray au premier trimestre, mais le spécialiste de la diffusion de musique et le propriétaire de stations radio a néanmoins dévoilé des revenus et des bénéfices inférieurs aux attentes des investisseurs pour cette période.

La société montréalaise a augmenté ses revenus de 23,9 % à 64,8 millions. Les analystes anticipaient des revenus de 70 millions, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Le bénéfice ajusté par action, pour sa part, a diminué de 11,1 % à 16 cents, en raison notamment de la baisse des montants perçus en subventions salariales. Les analystes prévoyaient un bénéfice ajusté par action de 18 cents.

Les résultats sont inférieurs aux prévisions de Matthew Lee, de la firme Canaccord Genuity. Dans une note, il a attribué cet écart à l’effet des devises et à la baisse des subventions salariales.

La diminution des montants reçus en subvention salariale est en fait une bonne nouvelle, nuance M. Boyko. Stingray a reçu environ 2,5 millions en aide salariale, comparativement à 10 millions à la même période l’an dernier. « Ça disparaît vite, parce que les revenus reviennent, explique-t-il. La bonne nouvelle, c’est que quand les revenus reviennent, tu fais des profits. »

Lors de l’assemblée des actionnaires tenue virtuellement la même journée, M. Boyko a souligné les progrès de la télévision connectée, un contrepoids à la tendance du désabonnement au câble. Le nombre d’heures d’écoute dans ce segment a augmenté de 148 % au premier trimestre par rapport à la même période l’an dernier, a-t-il dit aux investisseurs qui ont assisté à l’évènement virtuel.

Il a aussi réitéré les priorités pour l’exercice en cours, notamment la réalisation d’acquisitions stratégiques, le développement de nouveaux produits pour les annonceurs et l’acquisition de contenus.

À la Bourse de Toronto, l’action fermait la séance en baisse de 12,36 %, ou 0,98 $, à 6,95 $.