(New York) General Motors (GM) a relevé mercredi ses prévisions pour l’ensemble de l’année, le constructeur voyant toujours sa production freinée par la pénurie persistante de semi-conducteurs, mais profitant d’une forte demande pour écouler ses véhicules à des prix plus élevés.

Juliette MICHEL Agence France-Presse

Les prévisions ont toutefois un peu déçu les investisseurs et l’action de GM chutait de 8 % à la Bourse de New York.

Le groupe, comme l’ensemble du secteur automobile, pâtit depuis le début de l’année d’un manque de semi-conducteurs, des éléments devenus indispensables dans des voitures truffées d’électronique.  

Mais GM a donné la priorité à ses véhicules les plus demandés, et les plus rentables, comme les camionnettes et les VUS. Et les clients sont friands d’options.  

Le prix moyen d’un véhicule vendu par GM aux États-Unis s’est élevé à 48 550 dollars au deuxième trimestre, selon le cabinet Edmunds.

La branche finance du constructeur, qui prête de l’argent aux acheteurs de voitures, profite aussi de la forte hausse des prix des véhicules d’occasion, qui ont grimpé en raison de la faible production de véhicules neufs.

Le chiffre d’affaires de GM a plus que doublé au deuxième trimestre, à 34,2 milliards de dollars.  

Son bénéfice net s’est élevé à 2,8 milliards de dollars, contre une perte de 800 millions sur la même période un an plus tôt. Le secteur était alors frappé de plein fouet par les premières restrictions contre la propagation de la COVID-19.

Cette année, le bénéfice trimestriel de GM a été entamé par les coûts liés à des rappels de véhicules à hauteur de 1,3 milliard de dollars, dont 800 millions pour des Chevrolet Bolt électriques.

GM a engagé en juillet un deuxième rappel de 69 000 unités de ce modèle après avoir détecté deux défauts de fabrication dans la batterie, pouvant entraîner des incendies, et conseillé à leurs propriétaires de ne pas les garer à l’intérieur ni de les charger sans surveillance pendant la nuit.

Masques obligatoires

Ce rappel « met en avant les risques associés à la stratégie axée sur les véhicules électriques de GM », a souligné Garrett Nelson du cabinet CFRA.  

« Les investisseurs peuvent-ils avoir confiance en cette stratégie alors que les consommateurs ne peuvent même pas charger le véhicule électrique de GM actuellement le plus vendu dans leur propre garage à cause d’un risque d’incendie ? »

La patronne de GM, Mary Barra, a assuré lors d’une conférence téléphonique que les fabricants des batteries de nouveaux modèles de véhicules électriques avaient amélioré leurs processus.

La situation du côté des semi-conducteurs reste pour sa part imprévisible, estime GM, et les défis liés à la chaîne d’approvisionnement vont persister au second semestre, voire en 2022.

« Cela va vraiment dépendre de ce qui se passe avec le variant Delta », a souligné la patronne du groupe, Mary Barra, lors d’une conférence avec des journalistes.

Le groupe, qui a annoncé mardi qu’il imposait de nouveau le port du masque dans ses usines américaines, surveille particulièrement la montée des cas de COVID-19 en Malaisie.

GM doit encore régulièrement suspendre temporairement les chaînes de production dans certaines usines américaines par manque de puces électroniques et les stocks de véhicules que le groupe a en réserve sont « faible », a souligné Mme Barra. « Cela va probablement rester serré jusqu’à la fin de l’année et éventuellement l’année prochaine. »

Le groupe prévoit de produire au second semestre 100 000 véhicules de moins qu’au premier en Amérique du Nord et anticipe que ses coûts de matières premières vont augmenter de 1,5 à 2 milliards de dollars.  

Ce qui n’empêche pas GM de relever ses prévisions.

Le numéro un de l’automobile aux États-Unis s’attend à un bénéfice opérationnel compris entre 11,5 et 13,5 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année, contre 10 à 11 milliards auparavant.  

Le groupe s’attend par ailleurs à un bénéfice ajusté par action et hors éléments exceptionnels compris entre 5,40 et 6,40 dollars contre 4,50 à 5,25 dollars auparavant.  

Les analystes anticipaient un bénéfice par action à 6,42 dollars pour l’ensemble de l’année.