(Québec) L’organisme Québec International a dévoilé mercredi sa stratégie pour la relance économique de la capitale, et elle passera notamment par l’attrait de main-d’œuvre en provenance de Montréal.

Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

« On va déployer des efforts pour attirer davantage de main-d’œuvre en provenance de Montréal, des autres provinces canadiennes et de l’extérieur, tout en respectant nos amis de Montréal et du reste du Canada », a affirmé Carl Viel, président-directeur général de Québec International.

L’organisme a présenté mercredi, en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, « Cap sur la croissance », une stratégie établie à la suite de la consultation du milieu des affaires de Québec et d’experts. L’un des nerfs de la guerre est bien entendu la pénurie de main-d’œuvre. En mai, la région de Québec affichait un taux de chômage de 4,9 %.

La capitale a, selon M. Viel, de nombreux atouts dans son jeu. Son organisme a recruté trois employés récemment en provenance de Montréal. Ils ont tous souligné que la hausse vertigineuse du prix de l’immobilier dans la métropole avait motivé en partie leur choix.

PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL

Carl Viel, président-directeur général de Québec International

« C’est certain qu’on a des avantages, lance M. Viel. Il y a une offre très diversifiée à Québec, et on a vu le prix moyen des maisons monter moins vite. D’un autre côté, les salaires ont augmenté de plus en plus aussi à Québec. Ça veut dire un meilleur revenu, plus d’argent disponible pour faire autre chose. »

Parmi toutes les régions métropolitaines de la province, c’est à Québec que le prix des maisons a le moins augmenté entre le premier trimestre de 2020 et celui de 2021.

« À Québec, on est à 20 minutes d’un centre de ski, on a un équilibre. Ce sont des éléments qu’on va continuer à promouvoir, souligne-t-il. Il y a aussi des gens partis vivre dans d’autres provinces qu’on pourrait intéresser à revenir. »

Québec International désire aussi attirer des travailleurs des autres provinces et de l’étranger. La forme que prendra cette opération de séduction reste à déterminer. Québec International a reçu 190 000 $ du gouvernement fédéral l’hiver dernier pour mener à terme cette réflexion.

L’organisme a accouché de 147 actions à mettre en œuvre. Québec International aimerait notamment la simplification du processus d’immigration et souhaiterait voir « augmenter l’immigration et accroître l’efficacité de la reconnaissance des diplômes et des compétences des immigrants ».

Laurentia : « une journée triste »

Parmi les autres recommandations pour la relance, Québec International note l’importance de déployer une deuxième phase du réseau de transport structurant, soit le tramway.

Il est aussi souligné qu’il faut « reprendre position publiquement sur la nécessité du projet de train à grande vitesse sur l’axe Québec-Toronto ».

Par ailleurs, le rapport indique qu’il faut « soutenir le développement du projet Laurentia au port de Québec ». Rappelons que le controversé projet a été rejeté mardi par le gouvernement fédéral, après une évaluation d’impact environnemental très critique.

PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL

Steeve Lavoie, PDG de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec

« C’est certainement une journée triste à Québec sur le plan économique. Les gens d’affaires s’étaient prononcés principalement pour ce projet-là, important pour le développement économique de la région de Québec », a réagi Steeve Lavoie, PDG de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

[Le projet Laurentia] est un projet important, on y croit encore. On a parlé au Port [de Québec] et ils ont bon espoir de peut-être revenir avec d’autres projets.

Steeve Lavoie, PDG de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec

L’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) a récemment conclu que le projet d’agrandissement du port était susceptible d’entraîner « des effets environnementaux négatifs, importants, directs et cumulatifs ».

Le port est situé près du quartier Limoilou, où la qualité de l’air est déjà préoccupante. L’Agence craignait que le projet Laurentia n’empire la situation.

Invité à réagir par La Presse, le député de Jean-Lesage, où se trouve Limoilou, s’est réjoui de la décision du gouvernement fédéral.

« Je pense que le projet Laurentia, c’est mort. Mais ça m’apparaît clair que le Port va présenter de nouveaux projets d’agrandissement dans l’avenir. Que ce soit avec Mario Girard comme PDG ou pas », explique Sol Zanetti, député de Québec solidaire.

« On va veiller au grain pour s’assurer qu’aucun projet d’agrandissement du port qui va à l’encontre de l’environnement et de la santé publique ne soit accepté », ajoute-t-il.

Il note que le Port pourrait se concentrer à soumettre des projets socialement acceptables dans les quartiers environnants, comme « sécuriser les opérations de vrac pour réduire la quantité de poussière ».