(Montréal) Si la reprise économique a permis à Alimentation Couche-Tard de dévoiler des résultats supérieurs aux attentes, l’entreprise lavalloise a plus de difficulté à recruter des employés dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Stéphane Rolland La Presse Canadienne

Brian Hannasch, le président et chef de la direction de l’entreprise, juge que le marché de l’emploi aux États-Unis « est l’un des pires qu’il a vu » au cours de ses 30 années de carrière, a-t-il dit lors d’une conférence avec les analystes financiers visant à discuter des résultats du quatrième trimestre, mercredi.

Le dirigeant a précisé que le problème était plus important au sud de la frontière et que l’employeur ne subissait pas la même pression au Canada et aux États-Unis. « Nous travaillons fort pour maintenir le nombre de nos employés stables, souligne-t-il. Nous avons porté une grande attention à notre visibilité en ligne. Nous avons aussi accordé des primes de rétention. »

La situation serait temporaire, selon M. Hannasch. Il note que le nombre de candidatures reçues par la société a augmenté dans les 25 États qui ont mis fin ou annoncé la fin de leur aide financière temporaire aux chômeurs.

Résultats supérieurs aux attentes

Au quatrième trimestre, Couche-Tard a dépassé les attentes, même si ses bénéfices ont reculé de 2,1 % à 563,9 millions US, par rapport aux 576,3 millions US du trimestre correspondant de l’an dernier. Cela représente 0,52 $ par action diluée, ce qui reste inchangé par rapport au dernier trimestre de son exercice en 2020.

« Dans l’ensemble, nous avons connu un solide quatrième trimestre, au cours duquel les régions qui ont vécu un assouplissement des restrictions ont vu leurs résultats s’améliorer. Alors que l’achalandage est à la hausse dans l’ensemble de nos magasins, nous observons des tendances positives au niveau des ventes de marchandises et des volumes de carburant par magasin comparable », a commenté par voie de communiqué M. Hannasch.

Les bénéfices ajustés ont, pour leur part, augmenté à 0,52 $ par action, contre 0,47 $ par action au quatrième trimestre de 2020. C’est plus que le consensus des prévisions des analystes, qui était attendu à 0,42 $, selon les données financières de Refinitiv.

Chris Li, de Desjardins Marché des capitaux, attribue cette surperformance à des marges plus élevées sur le carburant, à une réduction des dépenses et à une augmentation des ventes comparables en dépanneur. « Dans l’ensemble, nous pensons que les résultats reflètent les gains d’efficacité et les bons fondamentaux de l’industrie », commente l’analyste dans une note.

En hausse de 26 %, les revenus pour le trimestre qui s’est terminé le 25 avril s’élevaient à 12,2 milliards US, contre 9,67 milliards US l’année précédente, les revenus de marchandises ayant augmenté de 15 % et les ventes de carburant de 32 %.

Bien qu’il note que les volumes de carburant demeurent affectés en raison de la pandémie, M. Hannasch a soutenu que « la situation s’est améliorée dans certaines régions, particulièrement aux États-Unis, où les habitudes de conduite commencent à retourner à la normale ».

Pour l’ensemble de l’année, Couche-Tard a réalisé un bénéfice de 2,71 milliards US ou 2,44 $ US par action diluée, sur un chiffre d’affaires de 45,76 milliards US. Cela se compare à 2,35 milliards US ou 2,09 $ par action diluée, sur 54,1 milliards US de revenus l’année précédente.

À la Bourse de Toronto, mercredi, l’action de catégorie B de Couche-Tard a clôturé à 45,55 $, en hausse de 1,53 $, ou 3,48 %.