Pour la deuxième fois ce printemps, l’effet McManus frappe Uni-Sélect.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Si l’action du distributeur de pièces d’auto de Boucherville avait bondi de 24 % le 1er avril, jour de la nomination de Brian McManus à titre de président exécutif du conseil, le titre s’est apprécié de 14 % mercredi maintenant que l’ex-PDG de Stella-Jones ajoute le rôle de chef de la direction.

Après avoir quitté Stella-Jones à l’été 2019, Brian McManus avait pourtant laissé savoir qu’il ne voulait pas retourner à un travail de « 80 heures par semaine ».

Dans son rôle de président exécutif du conseil chez Uni-Sélect qu’il occupe officiellement depuis la mi-mai, Brian McManus travaillait étroitement avec le chef de la direction, Brent Windom, pour amener Uni-Sélect à un « autre niveau ».

Le poste de président exécutif n’est pas un poste considéré comme à « plein temps », mais celui de chef de la direction l’est assurément. Lorsqu’on lui demande ce qui a changé dans sa réflexion, il ne se défile pas.

« Après trois semaines de travail, Brent et moi avons décidé ensemble que la meilleure chose pour l’entreprise était d’avoir un seul patron en place. C’est plus efficace. Il était à l’aise avec l’idée de prendre sa retraite et de devenir consultant pour l’entreprise », explique Brian McManus en entrevue avec La Presse.

Je vois beaucoup d’occasions. L’équipe est motivée. Plus le temps passait, plus ça m’intéressait d’être davantage engagé. J’en ai discuté avec ma femme, elle m’a dit que j’étais trop jeune pour la retraite et que je devais foncer. C’est comme ça que la décision s’est prise.

Brian McManus

Questionné sur ce qu’il entend accomplir, Brian McManus préfère ne pas trop offrir de détails pour des raisons de concurrence. « Le plan général mettra évidemment l’accent sur l’amélioration continue des opérations et la réduction de la dette », dit-il cependant.

Brian McManus a un intérêt particulier pour le secteur automobile. Il s’y intéresse depuis longtemps. « J’ai commencé ma carrière comme mécanicien, confie-t-il. Ma première entreprise était une station-service Esso. On avait un garage avec trois portes pour travailler sur des véhicules. J’avais 22 ans et je sortais de McGill avec mon bac en économie. Les deux propriétaires partaient à la retraite. J’ai décidé d’acheter le garage avec un partenaire qui m’a racheté six ans plus tard. Ce n’est pas le même métier chez Uni-Sélect, mais au moins, je connais les pièces d’auto. »

Brian McManus avait quitté Stella-Jones pour des raisons personnelles. En 18 ans, il a orchestré plus de 20 acquisitions aux États-Unis et au Canada ayant permis à l’entreprise montréalaise spécialisée dans les traverses de voie ferrée et les poteaux électriques de faire grimper son chiffre d’affaires de 96 millions à plus de 2 milliards. Sous son règne, la capitalisation boursière de Stella-Jones est passée de 20 millions à 3 milliards.

Toujours chez Cafa

Il est depuis un an associé chez Cafa, une banque privée spécialisée en financement d’entreprises, conseil et fusion et acquisitions. Il y demeure associé dans un rôle de « conseiller sénior ». « On verra si ça change dans les prochains mois, mais si ça me demande 30 minutes par semaine présentement, c’est beaucoup. Je suis toujours un peu attaché à Cafa en raison de la famille. Mon fils y travaille », rappelle celui qui est aussi devenu membre du conseil d’administration de l’épicier Metro plus tôt cette année.

Benoit Poirier, chez Valeurs mobilières Desjardins, verrait d’un bon œil la vente des unités d’affaires FinishMaster (peintures automobile et industrielle) ou Parts Alliance (distribution de produits automobiles). Cela permettrait de dégager des capitaux pour réinvestir au pays, où d’« attrayantes » occasions de consolidation existent, souligne l’analyste dans une note publiée mercredi.

L’action d’Uni-Sélect s’échange à escompte par rapport aux comparables américains, selon Benoit Poirier.

Les investisseurs seront bien récompensés pour avoir acheté des actions d’Uni-Sélect avant que Brian McManus commence à implanter sa stratégie.

Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins

Même si l’action d’Uni-Sélect a connu une autre bonne journée en Bourse mercredi, elle accuse toujours un repli de près de 60 % par rapport à son sommet d’il y a quatre ans. Des résultats décevants, des mises à pied et la suspension du dividende afin de préserver les liquidités font notamment partie du passé récent de l’entreprise.

Uni-Sélect a un chiffre d’affaires de 1,7 milliard US et compte environ 5000 employés.