Pour l’aider à réaliser ses ambitions de croissance dans le secteur des services-conseils en technologies de l’information, la montréalaise Cofomo se tourne vers Novacap.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Le fonds privé d’investissement injectera plusieurs dizaines de millions dans l’entreprise spécialisée en transformation numérique des organisations.

La valeur de l’investissement n’est pas dévoilée. Il est toutefois permis de croire qu’il s’agit d’un investissement de près de 100 millions, compte tenu de la taille de Cofomo, qui est comparable à celle d’Alithya, une entreprise aux activités similaires et dont les actions sont inscrites à la Bourse de Toronto.

Novacap prend typiquement une participation de contrôle lorsqu’elle effectue le genre de transaction réalisé avec Cofomo, qui compte sur un effectif de plus de 2500 employés.

Le grand patron et principal actionnaire de Cofomo, Régis Desjardins, préfère ne pas dévoiler le chiffre d’affaires de l’entreprise qu’il dirige, mais précise que Cofomo est rentable avec des marges parmi les plus hautes de son secteur. Son objectif est de tripler la taille de l’organisation d’ici cinq à sept ans.

« On veut devenir un joueur de classe mondiale », dit celui qui a travaillé chez Cognicase avec l’entrepreneur Ronald Brisebois avant le rachat de Cognicase par CGI, il y a une vingtaine d’années.

Une croissance organique

À part deux acquisitions depuis le début des années 2000 — une à Québec et l’autre à Ottawa —, la croissance de Cofomo s’est jusqu’ici essentiellement effectuée de façon organique, indique Régis Desjardins.

Il aimerait maintenant réaliser des acquisitions stratégiques complémentaires, et c’est notamment pourquoi il se tourne vers l’expertise et les moyens de Novacap, un fonds de 8 milliards qui a appuyé la croissance de plusieurs entreprises du Québec dans les dernières années.

Au lieu d’endetter l’entreprise, Régis Desjardins préfère partager l’actionnariat avec un partenaire financier. « La concurrence internationale est très féroce et très subventionnée. J’ai des concurrents qui ont jusqu’à 80 milliards de chiffre d’affaires. Novacap me donne accès à un écosystème qui m’était plus difficile d’accès en tant qu’entrepreneur privé », dit-il.

« Novacap a toujours eu du succès en s’associant à de grands entrepreneurs du Québec comme Régis Desjardins », commente Éric Desrosiers, associé principal chez Novacap. « On ne fait que répéter notre recette à succès », ajoute celui qui se joint au conseil d’administration de Cofomo.

En cédant à Novacap une place importante au capital-actions de Cofomo, Régis Desjardins est conscient que ce partenariat à un début, mais aussi une « fin ».

Un premier appel public à l’épargne pour Cofomo est une option en haut de la liste, dit Éric Desrosiers.

« On l’a fait avec Stingray et plus récemment avec Nuvei. On souhaite que la compagnie demeure à Montréal et un appel public à l’épargne est une belle option. Mais avant ça, on veut que Cofomo soit de classe mondiale avec une belle masse critique. Un peu comme pour Nuvei, où l’on a attendu d’atteindre une certaine taille avant de procéder », dit Éric Desrosiers.

Outre ses bureaux à Montréal, Québec et Ottawa, Cofomo compte une centaine d’employés à Chicago et une trentaine en Floride.