Même si le secteur aérien demeure sévèrement secoué par les turbulences provoquées par la pandémie de COVID-19, Airbus garde le cap sur production mensuelle de 14 avions A220 vers 2025.

Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

L’avionneur européen, qui assemble cinq appareils par mois depuis la fin mars – quatre à Mirabel et un à Mobile – a réitéré son objectif, jeudi, en annonçant également une augmentation de sa cadence de production vers le début de la prochaine année.

Un appareil supplémentaire sera ainsi assemblé en Alabama, qui dessert les clients américains de l’ancienne C Series de Bombardier, a précisé une porte-parole d’Airbus Canada, Annabelle Duchesne.

« Même si la crise n’est pas terminée, nous voyons la lumière au bout du tunnel, a-t-elle indiqué, au cours d’un entretien téléphonique. À Mirabel, les activités de la chaîne de préassemblage débuteront également au début de la prochaine année afin de produire des composantes pour les deux sites d’assemblage. »

Une cadence de production de 14 avions par mois permettrait à Airbus de livrer annuellement 168 A220.

La multinationale a offert jeudi un aperçu de ses prévisions de production pour ses différentes familles de produits. Elle prévoit renouer un niveau de production similaire à celui avant la pandémie entre 2023 et 2025 dans le secteur des avions commerciaux, essentiellement en raison de l’élan constaté dans le segment des monocouloirs.

L’avionneur européen s’est montré confiant après avoir joué de prudence depuis le début de la crise sanitaire, qui a provoqué un effondrement du trafic aérien à travers le monde en plus d’avoir fragilisé les finances de bon nombre de transporteurs aériens, ce qui a eu un impact négatif sur les livraisons.

Malgré des nouvelles encourageantes, Airbus n’a pas l’intention, pour l’instant, de procéder à des rappels d’employés à Mirabel, qui compte quelque 2500 employés. Plus de 300 personnes s’étaient retrouvées en congé forcé l’an dernier en raison de la crise.

Après une disette de plus d’un an dans un contexte où la pandémie avait freiné les discussions avec les clients potentiels, le programme détenu à 25 % par l’État québécois avait finalement dévoilé, à la fin mars, une commande. Le contrat concerne 20 A220-300, le plus grand appareil de la famille.

Selon les plus récentes données disponibles, 12 A220 ont été remis à des clients depuis le début de l’année. En 2020, 38 avions avaient été livrés.

Malgré un ciel qui semble s’éclaircir, le programme de l’A220 n’est toujours pas rentable. En février dernier, dans le cadre d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats annuels, la haute direction d’Airbus avait repoussé d’un an, soit à 2026, la cible du seuil de rentabilité.

« L’appareil a toujours été très concurrentiel, a expliqué l’analyste Richard Aboulafia, de la firme américaine Teal Group. Le problème a toujours été de réduire les coûts de production. En faisant miroiter une augmentation des cadences de production, cela permet d’obtenir des concessions des fournisseurs. C’est possible d’atteindre l’équilibre financier en 2026. »

Il faudra encore injecter plusieurs centaines de millions de dollars dans le programme de l’A220, avait concédé Airbus, en février.