Près d’un an après des allégations de harcèlement sexuel et de climat de travail toxique qui ont mené notamment au congédiement de nombreux cadres, Ubisoft Montréal a annoncé lundi l’embauche de deux femmes, Catherine Lemyre et Leslie Quinton, au sein de l’équipe de direction.

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

Catherine Lemyre, une ancienne de Roche Diagnostics Canada et de Bombardier Aéronautique, a été nommée vice-présidente, talents. Elle aura entre autres la tâche « de piloter une stratégie qui favorisera le développement et l’épanouissement des employé·es, la santé de l’organisation, la performance et la pérennité du studio », selon le communiqué publié.

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Leslie Quinton (à gauche) et Catherine Lemyre ont respectivement été nommées vice-présidente des communications et vice-présidente, talents, chez Ubisoft Montréal.

Leslie Quinton, quant à elle, a hérité du poste de vice-présidente des communications. Elle aura à élaborer les stratégies de communication internes et externes, « la responsabilité sociale de l’entreprise, la marque employeur, ainsi que les communications stratégiques de l’organisation », peut-on lire. Avant son arrivée chez Ubisoft, elle était chargée de cours en communication stratégique internationale à l’Université de Sherbrooke. Auparavant, depuis 2012, elle avait été vice-présidente aux communications corporatives chez SNC-Lavalin, Air Canada et BRP.

« Nouveaux mandats »

Les deux recrues reprennent de fait les principales responsabilités de Cédric Orvoine, qui était vice-président, talent et culture, chez Ubisoft Montréal. Il y a trois mois, sur LinkedIn, M. Orvoine avait annoncé qu’il transférerait ses responsabilités. « Il est temps que de nouvelles voix, de nouvelles idées émergent », écrivait-il.

« Cédric va amorcer de nouveaux mandats au sein de l’organisation au cours des prochains mois », a précisé lundi par courriel Antoine Leduc-Labelle, porte-parole d’Ubisoft Montréal. « Actuellement, il accompagne la transition des deux équipes. »

Le studio montréalais d’Ubisoft, le plus gros de l’entreprise avec ses quelque 4500 employés, a été plongé dans la tourmente à partir de juin 2020. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, plusieurs employés ont dénoncé un climat de travail toxique, des inconduites sexuelles, du harcèlement psychologique et de l’abus de pouvoir. Plusieurs cadres, notamment le numéro deux du groupe Serge Hascoët et le président pour le Canada Yannis Mallat, s’étaient vu montrer la porte. Une enquête interne avait ensuite révélé que 25 % des 18 000 salariés d’Ubisoft avaient été victimes ou témoins de « mauvaise conduite au travail ». Le PDG Yves Guillemot avait promis un « changement structurel » au sein de l’entreprise, créant notamment un poste d’ombudsman, impartial et indépendant, chargé de conseiller employés et gestionnaires en cas de situation problématique.