Bombardier semble avoir trouvé une manière de régler une partie d’un litige découlant d’allégations formulées par un prêteur mécontent, ce qui a contraint l’entreprise québécoise à solliciter l’appui de certains créanciers.

Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Le constructeur d’avions d’affaires a annoncé, mardi, la clôture d’un placement de billets de 260 millions US dont l’échéance est prévue en 2034. Il s’agit de la même tranche qui est au cœur de l’actuelle dispute. L’identité de l’investisseur institutionnel n’a pas été révélée.

Bombardier a sollicité le consentement de certains prêteurs pour huit tranches de dettes venant à échéance entre 2022 et 2034 à la suite d’insinuations formulées par un prêteur qui prétend que les nombreuses ventes d’actifs – comme les cessions de Bombardier Transport à Alstom, du programme CRJ à Mitsubishi et du secteur aérostructures – enfreignent certaines clauses de l’acte de fiducie.

La multinationale a toujours réfuté ces allégations, mais pour éviter d’autres situations du genre, elle avait décidé de cogner à la porte de ses créanciers.

Jusqu’à présent, Bombardier a obtenu le consentement d’une majorité de prêteurs pour cinq des huit tranches de dettes. L’entente annoncée mardi devrait permettre à l’avionneur de récolter suffisamment d’appuis pour la tranche venant à échéance en 2034. Dans ce cas-ci, l’échéance pour récolter les consentements a été prolongée à vendredi.

« Si vous ne pouvez pas les vaincre, diluez-les », a souligné Chris Murray, analyste chez ATD Capital dans une courte note envoyée par courriel.

Les prêteurs qui acceptent les modifications proposées par Bombardier recevront 1,25 $ US par tranche de 1000 $ US de capital détenu. Les paiements s’effectueront en dollars canadiens pour des débentures qui viennent à échéance en 2026.

Certains analystes ont estimé que l’impact financier de cet imprévu serait inférieur à 10 millions US pour l’avionneur.

À la Bourse de Toronto, mardi après-midi, l’action de catégorie B de Bombardier cotait à 91 cents, en hausse de deux cents, ou 2,25 %.