C’est en banlieue de Chicago, dans l’Illinois, que Lion installera son usine américaine de fabrication de camions et autobus électriques, un site de 900 000 pieds carrés.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

La production devrait débuter dans la deuxième moitié de l’an prochain avec une capacité pouvant atteindre 20 000 véhicules par année. C’est ce qu’indique l’entreprise de Saint-Jérôme dont les actions commencent à se négocier sous le symbole « LEV » dès vendredi à Toronto et à New York.

D’autres états, dans le Midwest notamment, ont été considérés avant de choisir l’Illinois. « Mais l’Illinois s’est vraiment démarqué », dit le PDG et cofondateur de Lion, Marc Bédard.

On cherchait un endroit central. Le site est près de Chicago et les autoroutes pour aller à plusieurs endroits aux États-Unis passent par là. On voulait aussi des politiques d’électrification. On a constaté qu’il se passe beaucoup de choses présentement en Illinois. On souhaitait également qu’il y ait une main-d’œuvre abondante et qualifiée car on aura notamment une équipe d’ingénierie sur place.

Marc Bédard, PDG et cofondateur de Lion

Il y a aussi le fait que la direction de Lion a eu un coup de cœur pour le site.

Marc Bédard avait déjà dit que l’usine américaine pourrait être installée dans une bâtisse déjà construite abandonnée par un constructeur automobile. « Sauf que les usines qu’on voyait avaient 50 ans », dit-il. « Il y avait du temps et beaucoup d’argent à investir. Mais là, le site qu’on a identifié en Illinois comporte le meilleur des deux mondes. C’est une bâtisse neuve dont la construction est déjà achevée à environ 70 %. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le PDG et cofondateur de Lion, Marc Bédard

Ce site devait abriter un centre de distribution que des entreprises comme UPS, Amazon ou FedEx pourraient louer. « Quand on l’a vu, on a dit c’est pour nous. C’est merveilleux car on peut l’adapter à notre sauce. On va être en mesure d’en faire quelque chose d’extraordinaire et très rapidement parce qu’on va en prendre possession dans les prochains mois. »

Marc Bédard précise que Lion a signé un bail de location d’une durée de 15 ans en Illinois avec des options qui peuvent ajouter 20 années additionnelles.

L’usine d’assemblage actuelle de Lion à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, a une capacité de production de 2500 véhicules par année.

Lion évalue la taille du marché électrique cible en Amérique du Nord à 100 milliards US pour les camions urbains et à 10 milliards US pour les autobus. Les grands exploitants de parcs de camions comme UPS, FedEx, Pepsi, etc. sont tous dans la ligne de mire de Lion qui a notamment annoncé cet hiver une entente avec le géant Amazon.

Lion avait fait connaitre l’automne dernier son intention d’inscrire ses actions en Bourse par l’entremise d’une fusion avec Northern Genesis, une société d’acquisition à vocation spécifique dont les actions étaient déjà négociées à New York. L’opération avec Northern Genesis rapporte environ un demi-milliard US à Lion, une somme qui servira notamment à financier l’expansion de la capacité de production.

Fondée il y a 13 ans, Lion a essuyé une perte nette de 97 millions US en 2020. Le chiffre d’affaires a atteint 30 millions US en 2019 et 23 millions US l’an dernier. Les revenus pourraient cependant bondir à plus de 3,6 milliards US en 2024, selon les projections de la direction.

Jusqu’ici, la majeure partie des revenus de Lion ont été générés par la vente d’autobus scolaires électriques. À partir de maintenant cependant, Lion anticipe qu’une portion « significative » de ses revenus proviendra de ses camions urbains électriques.

L’entreprise compte aujourd’hui près de 400 véhicules sur les routes et prévoit livrer 650 véhicules cette année.