(Calgary) Les investisseurs de la Pétrolière Impériale ont voté à 86 % contre une proposition d’actionnaire réclamant de la société qu’elle adopte un objectif à l’échelle de l’entreprise pour atteindre des émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) nulles d’ici 2050.

La Presse Canadienne

Le vote, qui s’est tenu mardi à l’occasion de l’assemblée annuelle virtuelle des actionnaires de la société de Calgary, a révélé un fossé entre sa société mère, le géant américain Exxon Mobil, qui détient 69,6 % de l’Impériale, et ses autres actionnaires, puisque la société a noté que 58 % des actions non détenues par Exxon avaient voté pour la proposition.

La proposition, présentée par Aequo Services d’engagement actionnarial au nom du système de retraite collectif québécois Bâtirente, avait soutenu que l’objectif actuel de réduction des émissions de l’Impériale pour 2023 était un pas dans la bonne direction, mais qu’il était également important d’avoir une stratégie à long terme.

Son adoption aurait obligé l’Impériale à se joindre à d’autres sociétés énergétiques comme Cenovus Energy, Enbridge, ConocoPhillips, BP, Shell et Total pour établir un objectif de réduction des émissions de GES à long terme.

Le chef de la direction de l’Impériale, Brad Corson, a cependant affirmé, lors de l’assemblée virtuelle, qu’il jugeait qu’il était « prématuré » de fixer des objectifs avant d’avoir un plan concret sur la façon de les atteindre, tout en assurant qu’il soutenait les initiatives au sujet du réchauffement de la planète.

Il a ajouté que l’Impériale était résolue à atteindre son objectif actuel de réduction de l’intensité des émissions de gaz à effet de serre de 10 % d’ici 2023 par rapport aux niveaux de 2016.

« L’Impériale préfère fixer une série d’objectifs concrets avec des plans et des actions spécifiques pour les atteindre », a expliqué M. Corson lors de l’assemblée.

« Il est très facile de faire de grandes promesses pour 2050, mais nous voulons nous assurer que nos objectifs sont crédibles et mesurables et tant que nous n’aurons pas identifié avec succès des étapes claires et réalisables vers des émissions nettes nulles, nous croyons qu’il est prématuré de prendre un tel engagement. »