(Montréal) Le syndicat des débardeurs du port de Montréal affirme avoir offert de cesser sa grève, si l’Association des employeurs maritimes revenait sur sa décision de réduire les conditions de rémunération des débardeurs. Et l’association aurait refusé.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

C’est ce qu’assure le syndicat des débardeurs, qui a entamé une grève des heures supplémentaires, à laquelle une grève de week-end s’est ajoutée, la fin de semaine dernière.

La section locale concernée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, a toujours affirmé que c’est en riposte à la réduction des conditions de rémunération des débardeurs — cesser de rémunérer les heures non réalisées par les débardeurs — que ceux-ci avaient décidé de déclencher une grève partielle.

Mais l’Association des employeurs maritimes, elle, avait expliqué avoir réduit ces conditions de rémunération des débardeurs parce qu’elle avait constaté une baisse de tonnage, qu’elle attribuait à l’incertitude engendrée par la difficile négociation.

En entrevue avec La Presse Canadienne, Michel Murray, conseiller syndical au SCFP, assure que son syndicat a fait preuve d’ouverture. « On lui a dit : ton avis de lock-out, couper la sécurité d’emploi comme mesure économique contre les débardeurs, on t’offre de la rétablir. Et nous, on lèverait notre grève partielle qui a été notre réponse à ton avis de lock-out. On lui a dit : lève ton avis de lock-out que tu nous as envoyé, et nous la réponse qu’on t’a donnée avec la grève partielle de temps supplémentaire et de fin de semaine, on serait prêt à la lever. »

Invitée à réagir aux affirmations du syndicat, l’Association des employeurs maritimes ne les a pas niées. Elle a expliqué avoir cessé de rémunérer les heures de travail non effectuées par les débardeurs à cause de la baisse de volume qu’elle a enregistrée.

Les deux parties reconnaissent une certaine baisse de tonnage, mais ne s’entendent pas sur son ampleur, ni sur ce qu’elle touche, ni sur ses causes.

Contre-propositions

L’espoir demeure, puisque la médiation n’est pas interrompue. Trois médiateurs sont déjà affectés au dossier.

« L’Association des employeurs maritimes a fait une nouvelle offre le jeudi 15 avril dernier devant les médiateurs. Nous sommes en attente d’une réponse de la part du syndicat », a indiqué l’association patronale en réponse à une demande de La Presse Canadienne.

M. Murray confirme ce dépôt de l’Association des employeurs maritimes, mais il soutient lui avoir déjà répondu que sa contre-proposition n’était pas acceptable, puisqu’elle était basée sur l’offre qui avait déjà été rejetée à 99 % par les débardeurs, lors d’un vote au scrutin secret.

Et M. Murray affirme que son syndicat a lui aussi déposé une contre-proposition, basée sur ses quatre principales demandes : les modifications aux horaires de travail, le droit à la déconnexion, la sécurité annuelle et le code de discipline. Et lui aussi dit attendre une réponse de l’association des employeurs.

« L’Association des employeurs maritimes s’inscrit en faux avec ce qu’avance le syndicat et réitère qu’elle est toujours en attente d’une réponse à sa contre-offre déposée le 15 avril dernier devant les médiateurs. Il est important de noter que cette contre-offre répondait à celle déposée par le syndicat le 8 avril. L’employeur a fourni des réponses au syndicat sur ses quatre priorités, après plus de 120 rencontres. Il est temps d’aller de l’avant », a répliqué à son tour l’AEM.