(Bruxelles) L’Union européenne va rétablir des taxes douanières punitives sur les motos du fabricant américain Harley-Davidson, qui parvenait jusqu’alors à échapper en partie à ces tarifs introduits depuis 2018 dans le cadre de la guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump.

Agence France-Presse

Selon le fabricant, les importations de ses motos dans l’UE seront désormais toutes taxées à hauteur de 56 % dès le mois de juin, une décision contre laquelle il a l’intention de « déposer un recours juridique immédiat ».

L’UE impose depuis juin 2018 des taxes punitives contre plusieurs produits américains, comme le bourbon, les jeans et les motos, en représailles aux droits de douane supplémentaires décidées plus tôt par Donald Trump sur l’acier et l’aluminium européens.

Harley-Davidson avait à l’époque rapidement réagi en annonçant son intention de délocaliser une partie de sa production en dehors des États-Unis, en Thaïlande, pour échapper à ces surtaxes, provoquant l’ire du locataire de la Maison-Blanche.

Depuis 2019, l’entreprise alimentait donc le marché européen avec certaines motos produites hors des États-Unis, taxées à hauteur de seulement 6 %, grâce à l’aval des autorités douanières belges.

Mais après examen, la Commission a considéré que la décision de la Belgique sur l’origine des produits Harley-Davidson importés était incorrecte « puisque le changement de lieu de production des motos visait notamment à éviter l’application » des taxes européennes, explique-t-elle dans un communiqué.

« La Commission a donc demandé à la Belgique de révoquer ces décisions », ajoute-t-elle.

Le PDG de Harley-Davidson, Jochen Zeitz, a regretté dans un communiqué l’impact « significatif » de la décision de Bruxelles sur la capacité de son entreprise « à être compétitive en Europe ».

« S’ils sont mis en œuvre, ces tarifs accrus constitueront un désavantage concurrentiel ciblé pour nos produits, par rapport à ceux de nos concurrents européens », a-t-il insisté.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden aux États-Unis, les Européens espèrent mettre un terme au conflit commercial ouvert avec son prédécesseur.

Cet apaisement s’est déjà matérialisé début mars avec une pause décidée des deux côtés de l’Atlantique dans le vieux différend qui oppose depuis des années Boeing et Airbus devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).