En plus de prolonger l’aide d’urgence pour les entreprises canadiennes jusqu’en septembre à un coût supplémentaire de 12,1 milliards, le budget fédéral leur offre un appui financier supplémentaire pour les encourager à embaucher.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

Le Programme d’embauche pour la relance économique du Canada veut aider les entreprises à réembaucher les employés mis à pied pendant la pandémie ou à accroître leurs effectifs. Temporaire, ce nouveau programme sera en vigueur de juin à novembre, et 595 millions y sont consacrés.


L’économie canadienne se remet bien du choc de la pandémie, estime la ministre des Finances, Chrystia Freeland, mais les entreprises canadiennes, surtout les plus petites d’entre elles, ont encore besoin du soutien fédéral, selon elle. « Afin de réparer les blessures causées par la COVID, il faut un plan de sauvetage pour ces petites entreprises », soutient-elle.


Son budget prolonge donc jusqu’au 25 septembre la subvention salariale, la subvention pour le loyer et la mesure de soutien en cas de confinement pour les entreprises. Ces mesures, auxquelles plusieurs dizaines de milliards ont déjà été consacrés, coûteront 12,1 milliards de plus.


Quant au nouveau Programme d’embauche pour la relance économique, il est offert uniquement aux entreprises privées sous contrôle canadien et aux organismes à but non lucratif. Les employeurs pourront choisir l’option la plus avantageuse entre la Subvention salariale d’urgence ou la nouvelle subvention. La ministre Freeland souligne que 300 000 personnes au Canada n’ont pas encore retrouvé un emploi. L’objectif de l’aide supplémentaire est de faciliter l’embauche au moment de la réouverture de l’économie.

Virage numérique

Le gouvernement fédéral aidera les petites entreprises à adopter les technologies numériques pour accroître leur efficacité. Des subventions sont destinées aux petites entreprises installées dans les rues commerçantes pour les aider à compenser les coûts du passage au numérique. De l’aide est aussi offerte pour les entreprises de fabrication et de transformation des aliments pour l’adoption de nouvelles technologies. En tout, 4 milliards de dollars sur quatre ans y seront consacrés.

De l’aide pour investir

Les entreprises qui décideront d’investir au sortir de la crise pourront profiter d’une déduction accélérée d’un montant de 1,5 million par année à compter de maintenant, et ce, jusqu’en 2024. Cette mesure, qui vise à accélérer la relance de l’économie, s’applique à la plupart des investissements, à l’exception des immeubles et de l’achalandage. Ottawa espère que les entreprises utiliseront le capital généré par cette déduction pour créer plus d’emplois. La mesure privera le Trésor fédéral de 2,2 milliards de revenus sur cinq ans.

Des milliards pour la formation

Les entreprises bénéficieront aussi de nombreuses mesures d’appui à la formation et au recyclage des travailleurs. Au total, plus de 1 milliard de dollars est dirigé vers diverses initiatives visant à répondre aux besoins de main-d’œuvre des entreprises. Selon les documents budgétaires, 45 % des Canadiens n’ont pas les compétences nécessaires pour réussir dans l’économie du savoir. Une des mesures annoncées est un financement de 960 millions sur trois ans pour offrir une formation adaptée aux besoins des PME et les aider à recruter.

Coup de pouce vert

Comme prévu, le gouvernement fédéral appuiera financièrement les entreprises spécialisées dans les technologies vertes. Le taux d’imposition de ces entreprises sera réduit de 50 % du 1er janvier 2022 au 1er janvier 2029. De nombreuses entreprises québécoises pourraient bénéficier de cette mesure qui vise les fabricants d’éoliennes et de panneaux solaires, de véhicules électriques, de batteries, de bornes de recharge et de biocarburants. Le taux d’imposition serait progressivement rétabli de 2029 à 2032. Le manque à gagner pour Ottawa est estimé à 45 millions.

250 millions pour le secteur aérospatial

La décision d’Ottawa d’octroyer 250 millions au secteur aérospatial mis à mal par la pandémie sera bien accueillie à Montréal, où elle occupe une place importante. L’argent ira aux organismes de développement régional qui aideront les petites et moyennes entreprises du secteur à améliorer leur productivité. Cette initiative s’ajoute aux ressources déjà annoncées du Fonds stratégique pour l’innovation, dont 1,75 milliard est destiné au secteur aérospatial. « C’est exactement ce qu’il fallait faire », a commenté le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc. Ottawa reconnait que le secteur a un long chemin pour se rendre à la reprise. Avant la pandémie, l’industrie aérospatiale était un moteur de l’économie canadienne, avec 234 500 emplois directs et indirects et une contribution de 28 milliards au PIB.