Le gouvernement du Québec se dit prêt à aider Transat à passer à travers la crise causée par l’annonce que l’entreprise ne sera pas achetée par Air Canada. À plus long terme, Québec dit vouloir soutenir les offres québécoises pour le rachat de la compagnie aérienne.

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

« Ma préoccupation première, c’est de m’assurer que Transat ait la structure de capital pour passer à travers de la période difficile » des 12 à 18 prochains mois, a déclaré Pierre Fitzgibbon, le ministre de l’Économie mardi matin en conférence de presse.

Au fédéral, Mélanie Joly, ministre du Développement économique, a confirmé que Transat est en négociation afin d’obtenir de l’aide financière par le programme de Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE).

L’aide du fédéral constitue le premier élément important de la sauvegarde de Transat, selon Pierre Fitzgibbon. La ministre Joly a rappelé que l’obtention de l’aide du fédéral est intimement liée à l’engagement des transporteurs aériens à rembourser leurs clients dont les voyages ont été annulés.

M. Fitzgibbon a indiqué clairement mardi que l’aide du gouvernement à une relance de Transat passé la crise actuelle sera conditionnelle à ce que l’entreprise reste entre des mains québécoises.

« Plus l’actionnariat va être québécois, plus le gouvernement va pouvoir aider », a-t-il dit.

Mme Joly et M. Fitzgibbon ont tous les deux mis l’accent sur l’importance de la conservation des emplois et du siège social de l’entreprise au Québec

Selon le ministre Fitzgibbon, plusieurs scénarios sont la table pour le rachat de Transat, y compris l’offre faite par la compagnie de gestion de Pierre Karl Péladeau. « Il y a toujours des gens intéressés dans une situation comme celle-là », a-t-il ajouté.

Il a fermé la porte à une participation majoritaire du gouvernement dans l’entreprise. « Si le gouvernement devient actionnaire de Transat, ça va être une détention minoritaire », a-t-il précisé.

L’action de Transat AT connaît une autre journée difficile en bourse alors qu’elle perdait 2,5 % pour se négocier à 4,57 $ à Toronto mardi matin.

Air Canada et Transat avaient conclu une entente au prix de 13 $ par action en juin 2019, bonifiée deux mois plus tard à 18 $ par action, puis révisée en forte baisse à 5 $ par action en octobre dernier après que la pandémie eut plongé le secteur du transport aérien en crise.

L’acquisition de Transat par Air Canada était conditionnelle à l’approbation de divers organismes de réglementation, notamment la Commission européenne.

Air Canada a précisé vendredi qu’à la suite de récents pourparlers, il était devenu « évident » que la Commission européenne n’approuverait pas l’acquisition selon « l’ensemble des mesures correctives offert ».

Avec Richard Dufour, La Presse